La fragilité du cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas est mise à l’épreuve alors que des désaccords persistent concernant le sort des otages et la réouverture des points de passage vers Gaza. Malgré un accord initialement salué comme une avancée majeure, les tensions restent vives et menacent de compromettre les efforts de reconstruction et d’aide humanitaire.
Israël a restitué jeudi les corps de 30 Palestiniens supplémentaires à Gaza, portant le nombre total de dépouilles rapatriées à 120. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un accord négocié sous l’égide du président américain Donald Trump, prévoyant la restitution de 15 corps palestiniens pour chaque otage israélien décédé ramené en Israël. Le Hamas a affirmé avoir restitué tous les restes de captifs décédés en sa possession, mais des doutes subsistent quant à la véracité de cette affirmation.
Le Forum israélien sur les otages a exhorté le gouvernement à suspendre la mise en œuvre des prochaines étapes de la trêve si le Hamas ne restitue pas tous les corps des otages décédés. Dans un communiqué, l’organisation a dénoncé une violation flagrante des obligations du Hamas et a appelé à une interruption immédiate de l’accord jusqu’à ce que toutes les dépouilles soient restituées.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé la détermination d’Israël à atteindre tous les objectifs fixés dans la guerre à Gaza, soulignant que « quiconque lèvera la main contre Israël paiera un lourd tribut ». Il a également confirmé l’identification des restes de deux otages décédés, Inbar Hayman, 27 ans, et le sergent-major Mohammad al-Atrash, 39 ans.
La question de l’ouverture du point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, reste un point de friction majeur. Israël a déclaré que la date d’ouverture serait annoncée ultérieurement, une fois que les préparatifs nécessaires auront été achevés par les parties israélienne et égyptienne. Cependant, Israël a précisé que l’aide humanitaire ne transiterait pas par ce point de passage, contredisant ainsi les attentes initiales.
Sur le plan humanitaire, la situation à Gaza reste critique. Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU, a appelé Israël à ouvrir immédiatement tous les points de passage pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, soulignant l’urgence de la situation après deux ans de conflit. « Nous comptons sur tous les passages pour acheminer notre aide… nous voulons que tous ces passages soient ouverts et nous voulons un accès totalement sans entrave », a-t-il déclaré.
La Turquie a renforcé son engagement dans la crise en nommant Mehmet Gulluoglu, ancien ambassadeur et chef de son agence de gestion des catastrophes, responsable de son aide à Gaza. Cette décision intervient après que le président Tayyip Erdogan ait rejoint les médiateurs du Qatar et de l’Égypte pour approuver le plan de cessez-le-feu du président Trump, après avoir largement évité les négociations pendant deux ans.
Enfin, le ministre israélien de la Défense a menacé de reprendre les combats si le Hamas ne respecte pas les termes du cessez-le-feu, notamment en ce qui concerne la restitution des otages. Cette menace souligne la fragilité de l’accord et la possibilité d’une nouvelle escalade du conflit.
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