Home SantéLa RS enregistre le plus faible nombre de décès dus à la dengue en quatre ans en 2025

La RS enregistre le plus faible nombre de décès dus à la dengue en quatre ans en 2025

by Sophie Martin

Publié le 5 janvier 2026 à 12h52. Après une année 2024 marquée par une flambée des cas, le Rio Grande do Sul observe une nette diminution des décès liés à la dengue, mais les experts mettent en garde contre une banalisation de la maladie qui reste endémique dans l’État.

  • Le nombre de décès dus à la dengue dans le Rio Grande do Sul a chuté à 52 au cours des 12 derniers mois, le chiffre le plus bas enregistré depuis 2021.
  • Le nombre total de cas confirmés de dengue en 2025 a diminué de 80 % par rapport à l’année précédente, s’élevant à 42 135.
  • Les autorités sanitaires rappellent que la dengue est désormais endémique dans l’État et que la lutte contre le vecteur, l’Aedes aegypti, doit être continue.

Le Rio Grande do Sul connaît un revirement dans la lutte contre la dengue. Après avoir enregistré en 2024 des chiffres alarmants, avec 281 décès, l’État a enregistré une baisse significative de la mortalité liée à la maladie au cours de la dernière année. Le Département d’État de la Santé (SES) a confirmé 52 décès dus à la dengue au cours des 12 derniers mois, le nombre le plus faible depuis 2021, où 11 décès avaient été recensés.

Cette amélioration contraste fortement avec la situation de 2024, où le nombre de décès avait dépassé la somme de ceux enregistrés entre 2015 et 2023 (140), soit deux fois plus de victimes. La période la plus critique de l’année dernière s’est située entre la mi-mars et la mi-mai, avec 46 décès en 10 semaines, soit une moyenne de quatre décès par période. En comparaison, sur une période similaire de 11 semaines en 2023, 233 décès avaient été enregistrés, soit une moyenne de 21 décès par semaine.

L’analyse des données révèle que plus de la moitié des patients décédés avaient plus de 70 ans. La tranche d’âge la plus touchée était celle des 80 ans et plus, avec 17 décès, suivie par les personnes âgées de 70 à 79 ans, avec 14 décès. Par ailleurs, 53,85 % des victimes étaient des femmes. Sur les 52 décès, 25 sont survenus à Porto Alegre, tandis que Cachoeira do Sul a enregistré cinq décès, se positionnant comme la deuxième municipalité la plus touchée.

Au-delà de la diminution de la mortalité, le nombre total de cas de dengue a également connu une baisse significative en 2025, avec une réduction de 80 % par rapport à l’année précédente : 42 135 cas confirmés contre 209 668 en 2024. Bien que supérieur aux chiffres de 2023 (38 737) et de 2022 (67 349), ce nombre reste inférieur à la somme des cas enregistrés entre 2015 et 2023 (125 504).

La tranche d’âge la plus touchée par les infections en 2025 était celle des 20 à 29 ans, avec 7 313 cas. Le nombre de municipalités infestées a également augmenté, atteignant 477, soit une légère hausse par rapport aux 474 villes touchées en 2024.

Malgré ces chiffres encourageants, les experts mettent en garde contre un sentiment de complaisance. Valeska Lagranha, biologiste au Centre national de surveillance de la santé, souligne que 2024 a été une année atypique au Brésil et dans les Amériques.

« Par rapport à 2024, nous normalisons ce qui n’est pas normal. Pour nous, les données pour 2025 sont encore des chiffres très élevés. Nous constatons que la dengue est désormais endémique dans l’État. Autrefois, on disait qu’il n’y avait que la dengue en été. Aujourd’hui, nous savons que la maladie apparaît également en hiver. »

Valeska Lagranha, biologiste au Centre national de surveillance de la santé

Elle rappelle que depuis 2022, les cas de dengue ont atteint des niveaux importants, et que l’État n’avait enregistré aucun décès en 2019, mais 66 en 2022. L’adaptabilité de l’Aedes aegypti est également pointée du doigt. Le moustique, autrefois limité aux eaux stagnantes et propres, se reproduit désormais dans des environnements moins exigeants, et s’est adapté aux conditions climatiques du Rio Grande do Sul. La déforestation et l’accumulation de déchets en milieu urbain favorisent également sa prolifération.

Les pluies intenses qui ont touché plus d’une centaine de communes en septembre 2023 ont créé de nouveaux sites de reproduction pour les moustiques, tandis que les températures plus douces, même en hiver, ont accéléré leur cycle de reproduction.

« Lorsque nous examinons ces données, nous devrons peut-être apprendre à faire face au fait que la dengue est endémique dans l’État. Nous commencerons à nous inquiéter des actions de contrôle et de lutte contre le vecteur, non seulement en été, mais aussi pour mener à bien tout cela routine de nettoyage hebdomadaire pour notre territoireévitant ainsi l’accumulation d’eau stagnante en hiver. »

Valeska Lagranha, biologiste au Centre national de surveillance de la santé

Le vaccin contre la dengue sera distribué par le Système de Santé Unifié (SUS) à partir de 2026. Cependant, selon le SES, aucune date précise de livraison des doses n’a encore été fixée. Valeska Lagranha insiste sur le fait que le vaccin est un outil supplémentaire, mais pas une solution unique.

« Nous n’avons pas encore le vaccin pour toute la population, il n’est pas encore arrivé dans nos 497 communes. Nous devons encourager la vaccination, mais aussi comprendre qu’il ne s’agit que d’une autre stratégie. Le vaccin est contre la dengue, mais Aedes transmet d’autres maladiescomme le chikungunya et le zika. Il est donc nécessaire de poursuivre les actions de lutte contre ce vecteur afin de prévenir l’apparition d’autres maladies. »

Valeska Lagranha, biologiste au Centre national de surveillance de la santé

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