Publié le 31 octobre 2024 21h40. L’Ukraine riposte aux offensives russes en frappant des infrastructures pétrolières sur le territoire russe, tandis que Moscou intensifie ses attaques et revendique des avancées, malgré des pertes importantes. L’ONU alerte sur une détérioration de la situation humanitaire avec l’approche de l’hiver.
- La Russie a déployé environ 170 000 soldats dans la région de Donetsk, concentrant ses efforts sur la prise de Pokrovsk.
- L’Ukraine affirme avoir mené plus de 160 frappes contre des installations pétrolières russes depuis le début de l’année, perturbant significativement la production et le raffinage de pétrole.
- L’ONU signale une augmentation de 30 % du nombre de victimes civiles en Ukraine cette année, et craint une crise humanitaire majeure en raison des attaques contre les infrastructures énergétiques.
La situation autour de Pokrovsk, dans l’est de l’Ukraine, reste tendue. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reconnu que des unités russes avaient infiltré la ville, mais a assuré que les forces ukrainiennes les éliminaient progressivement.
« Il y a des Russes à Pokrovsk. Ils sont détruits, progressivement détruits, parce que, eh bien, nous devons préserver notre personnel. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Zelensky a démenti les affirmations russes concernant un encerclement imminent de la ville, soulignant les difficultés rencontrées par les troupes russes. L’Ukraine, confrontée à une infériorité numérique significative, a déjà eu recours à des retraits stratégiques par le passé pour éviter des pertes de troupes excessives.
Le président russe Vladimir Poutine affirme que ses forces progressent sur le champ de bataille, bien que ces avancées soient lentes et coûteuses. Il tente de convaincre les États-Unis, qui encouragent une solution négociée, que la résistance ukrainienne est vouée à l’échec. Poutine a également mis en avant les capacités nucléaires de la Russie, sans pour autant renoncer à ses objectifs de guerre.
En réponse à l’offensive russe, l’Ukraine a intensifié ses frappes sur le territoire russe, ciblant notamment les infrastructures pétrolières. Selon Vasyl Maliuk, chef des services de sécurité ukrainiens, plus de 160 frappes à longue portée ont été menées depuis le début de l’année.
« Rien qu’en septembre et octobre, l’Ukraine a mené 20 frappes contre des installations pétrolières russes. »
Vasyl Maliuk, chef des services de sécurité ukrainiens
Maliuk affirme que ces frappes ont entraîné une baisse de 20 % des produits pétroliers sur le marché intérieur russe et ont temporairement interrompu 37 % de la capacité de raffinage du pays. L’Ukraine a également revendiqué la destruction de près de la moitié des systèmes de défense aérienne Pantsir russes, ainsi que d’un missile hypersonique de nouvelle génération, le “Oreshnik”, présenté par Poutine comme invulnérable. Selon Maliuk, ce missile a été touché sur une base militaire près de la mer Caspienne, à environ 500 kilomètres de la frontière ukrainienne.
Parallèlement, la situation humanitaire en Ukraine se détériore. L’ONU a signalé une augmentation de 30 % du nombre de victimes civiles cette année. Matthias Schmale, coordinateur humanitaire de l’ONU en Ukraine, a exprimé sa vive inquiétude face aux attaques russes contre les infrastructures énergétiques, qui pourraient entraîner une crise majeure avec l’arrivée de l’hiver. Les infrastructures publiques centralisées rendent les populations particulièrement vulnérables.
« La destruction des capacités de production et de distribution d’énergie au début de l’hiver a un impact évident sur la population civile et constitue une forme de terreur. »
Matthias Schmale, coordinateur humanitaire de l’ONU en Ukraine
L’ONU fait également face à une pénurie de financement pour l’aide humanitaire en Ukraine, passant de plus de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) en 2022 à 1,1 milliard de dollars (950 millions d’euros) cette année.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des drones russes ont frappé des immeubles d’habitation à Soumy, dans le nord-est du pays, blessant 11 personnes, dont quatre enfants. Les infrastructures énergétiques de la région d’Odessa, dans le sud, ont également été touchées.
