Home SantéLa santé de l’humanité et de la planète est dans notre assiette, écrivent Juan Rivera Dommarco et Mario Herrero

La santé de l’humanité et de la planète est dans notre assiette, écrivent Juan Rivera Dommarco et Mario Herrero

by Sophie Martin

Nourrir une population mondiale en croissance tout en préservant la planète : le défi est immense, mais selon une étude récente, il est encore possible de le relever. Une commission d’experts internationaux a dévoilé un modèle alimentaire durable et sain, capable de réduire considérablement les risques pour la santé humaine et l’environnement.

Le système alimentaire mondial est aujourd’hui un moteur majeur de dégradation environnementale. Il contribue de manière significative au changement climatique, à la surexploitation des ressources en eau, à la pollution due aux engrais et pesticides, à la perte de biodiversité et à la destruction des écosystèmes. Les choix alimentaires individuels ont donc un impact bien au-delà de l’assiette.

Les travaux de la Commission EAT-Lancet 2025, regroupant 24 spécialistes de 35 pays, ont abouti à la définition d’un « Régime Santé Planétaire ». Ce modèle, adaptable à chaque contexte national, privilégie une forte consommation d’aliments d’origine végétale – fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, graines et huiles végétales – et modère, voire limite, la consommation de produits laitiers et de viande. La viande rouge, les sucres ajoutés et les produits ultra-transformés sont à éviter autant que possible. L’accent est mis sur des aliments frais ou peu transformés, valorisant les traditions culinaires locales, comme celles du Mexique.

Selon les estimations scientifiques de la commission, l’adoption généralisée de ce régime pourrait prévenir plus de 15 millions de décès prématurés chaque année. En combinant ce régime avec des pratiques agricoles durables et une réduction de moitié du gaspillage alimentaire, il serait possible de nourrir la population future sans dépasser les limites écologiques de la planète.

L’étude souligne également une question de justice sociale. Près de 3,7 milliards de personnes n’ont pas accès à une alimentation saine, à un environnement propre ou à un revenu décent, tandis que plus de 2 milliards de personnes sont en surpoids ou obèses. La consommation d’aliments malsains a des conséquences néfastes sur la santé publique et affecte de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables, créant ainsi une profonde inégalité.

Pour réussir une transformation saine, durable et équitable des systèmes alimentaires, la Commission EAT-Lancet appelle à des politiques publiques ambitieuses. Ces politiques devraient protéger les régimes alimentaires traditionnels sains, promouvoir des environnements alimentaires favorables, encourager une production agricole durable, mettre fin à la conversion des écosystèmes naturels en terres agricoles, réduire le gaspillage alimentaire, garantir des conditions de travail décentes et donner une voix aux travailleurs du secteur agroalimentaire, tout en protégeant les groupes historiquement marginalisés.

En conclusion, la santé de la planète et celle de l’humanité dépendent en grande partie de ce que nous choisissons de manger.

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