Les efforts de paix du président colombien Gustavo Petro pourraient être compromis par l’affaiblissement des forces armées du pays, selon une analyse récente. Un expert estime que les réformes entreprises par le gouvernement ont créé une armée en mode de gestion de crise, laissant le champ libre aux groupes criminels.
En 2023, Alfonso Camacho-Martinez affirmait que les politiques de Gustavo Petro avaient considérablement affaibli l’armée colombienne, favorisant ainsi le renforcement des acteurs armés non étatiques. Trois ans plus tard, et dans un contexte de tensions accrues en Amérique latine, il revient sur son analyse.
Selon Camacho-Martinez, l’armée colombienne ne s’effondre plus, mais elle est désormais focalisée sur la gestion des urgences plutôt que sur la lutte proactive. Si elle conserve une expérience opérationnelle précieuse et des unités d’excellence, elle souffre d’un manque de préparation et permet souvent aux groupes criminels de prendre l’initiative.
Les changements les plus notables depuis 2023 sont d’ordre politique et organisationnel. Le président Petro a accepté la démission de hauts responsables militaires et a rompu avec une tradition de longue date en nommant un général récemment retraité, Pedro Sánchez, au poste de ministre de la Défense. Cette décision, bien qu’elle renforce le lien entre la politique et les opérations, brouille les frontières entre les sphères civile et militaire, risquant une influence politique accrue sur les décisions opérationnelles et une sensibilité accrue du commandement aux considérations politiques au détriment de la doctrine institutionnelle.
Parallèlement, le gouvernement a annoncé des efforts pour renforcer les capacités militaires, notamment en augmentant les effectifs et en prévoyant l’acquisition de 17 avions de combat Gripen. Cependant, des lacunes persistent en matière de mobilité, de formation et de communications modernes.
Pour passer d’une approche réactive à une stratégie proactive, l’administration doit privilégier l’agilité et la spécialisation des unités plutôt que la simple augmentation des effectifs.
