Publié le 12 décembre 2025 à 20h31. Le gouvernement slovaque a adopté une loi controversée dissolvant l’agence chargée de protéger les lanceurs d’alerte, suscitant des inquiétudes quant à l’état de droit et la lutte contre la corruption dans le pays.
- La dissolution de l’agence de protection des lanceurs d’alerte a été approuvée par le Parlement slovaque.
- Une nouvelle agence, dont la direction sera nommée par le gouvernement, sera créée en remplacement.
- Des critiques s’élèvent en Slovaquie et en Europe, craignant une réduction de la protection des lanceurs d’alerte et une atteinte au droit européen.
Cette décision intervient dans un contexte de plusieurs affaires de corruption impliquant des membres du parti Smer du Premier ministre Robert Fico. Le gouvernement justifie cette réforme en affirmant que l’agence actuelle protégeait des individus mal intentionnés et était sujette à des abus politiques.
Selon les détracteurs de cette loi, le changement pourrait permettre de retirer une protection déjà accordée à un lanceur d’alerte. L’affaire relance les inquiétudes concernant l’indépendance de la justice et la lutte contre la corruption en Slovaquie, un pays où plusieurs enquêtes sont en cours sur des réseaux criminels infiltrés au sein des institutions.
Plus tôt, le gouvernement de Robert Fico avait déjà pris des mesures remettant en question le travail des enquêteurs spécialisés dans la lutte contre le crime organisé et la corruption. Un service de police dédié au crime organisé et un parquet anti-corruption existent déjà, mais leur indépendance est désormais remise en question.
La dissolution de l’agence de protection des lanceurs d’alerte suscite également des critiques au niveau européen. Cette agence avait été créée à la suite de l’adoption d’une directive européenne en 2021 visant à renforcer la protection des lanceurs d’alerte. Le Parquet européen a exprimé sa crainte que cette dissolution nuise à la lutte contre la corruption en Slovaquie.
Des juristes et des organisations non gouvernementales mettent en garde contre le risque d’une confrontation avec Bruxelles et d’une perte de subventions européennes pour la Slovaquie. Le gouvernement slovaque affirme avoir apporté des ajustements à la loi afin de la rendre conforme aux normes européennes.

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