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La Suisse sans usine de vaccins ? Les experts mettent en garde contre la répétition

Publié le 27 décembre 2025 14:03:00. La filiale suisse du géant pharmaceutique Johnson & Johnson, Janssen, va cesser ses activités de développement et de production de vaccins à Berne-Bümpliz, menaçant jusqu'à 300 emplois. Cette décision s'inscrit dans une…

La Suisse sans usine de vaccins ? Les experts mettent en garde contre la répétition

Publié le 27 décembre 2025 14:03:00. La filiale suisse du géant pharmaceutique Johnson & Johnson, Janssen, va cesser ses activités de développement et de production de vaccins à Berne-Bümpliz, menaçant jusqu’à 300 emplois. Cette décision s’inscrit dans une stratégie de délocalisation et de recentrage de l’entreprise.

  • Janssen quitte son site de Berne, entraînant la suppression potentielle de 300 postes.
  • La fin du développement de vaccins et la délocalisation de la production sont à l’origine de cette décision.
  • L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) regrette cette fermeture, qui affecte un site historique pour la Suisse.

La filiale belge de Johnson & Johnson justifie sa décision par l’abandon du développement d’un vaccin contre la bactérie coli, dont l’efficacité s’est avérée insuffisante lors des essais cliniques. Par ailleurs, la production de vaccins à vecteurs lentiviraux sera transférée vers une nouvelle usine aux Pays-Bas d’ici fin 2026. L’entreprise a lancé une procédure de consultation des employés, conformément à la loi en vigueur en cas de licenciements massifs.

Janssen étudie également la possibilité de vendre le site de Berne à un tiers, ce qui pourrait permettre de maintenir une activité et de préserver certains emplois. Cependant, aucun détail n’a encore été communiqué sur le processus de vente.

Les ventes à des tiers sont à l’étude

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a exprimé ses regrets face à la fermeture du site et aux potentielles pertes d’emplois. L’OFSP souligne l’importance historique de ce lieu, qui remonte à l’ancien Institut suisse des vaccins et des sérums. Néanmoins, l’OFSP rappelle que la responsabilité de la production de médicaments, y compris les vaccins, incombe au secteur privé.

Selon l’OFSP, cette décision ne remet pas en cause les objectifs de la stratégie vaccinale suisse. Le gouvernement fédéral a pris des mesures pour renforcer l’économie dans le domaine de l’approvisionnement.

Le cas Berna Biotech va-t-il se répéter ?

Andreas Faller, co-initiateur de la Medical Supply Initiative, établit un parallèle avec l’histoire de Berna Biotech AG, qui produisait également des vaccins sur le même site à Berne-Bümpliz. Dès 2005, le Conseil fédéral avait décidé de ne pas soutenir financièrement l’entreprise en difficulté et avait attribué une commande de vaccins contre la grippe aviaire à l’étranger. Berna Biotech a ensuite été rachetée par Crucell, puis par Johnson & Johnson.

« Le soutien financier de la Confédération, espéré à l’époque, aurait été relativement gérable, mais il a été rejeté. Comparé aux coûts d’une seule journée de confinement pendant la pandémie de corona, qui, selon la plupart des analyses économiques, s’élevaient à environ 150 à 200 millions de francs suisses de valeur perdue, cette aide n’aurait représenté qu’une fraction. Nous avons ensuite regretté cette décision. »

Andreas Faller, co-initiateur de la Medical Supply Initiative

M. Faller estime qu’il est essentiel que le gouvernement fédéral examine attentivement cette question et prenne des mesures pour garantir la sécurité de l’approvisionnement. Il ne plaide pas pour une nationalisation de la production, mais souligne le rôle important de l’État dans ce domaine, comme le prévoit le contre-projet direct à son initiative.

Il propose une stratégie vaccinale claire et des incitations pour maintenir la recherche, le développement et la production en Suisse, notamment par le biais de contributions gouvernementales à des projets de recherche et de partenariats public-privé.

La politique est sceptique

La fermeture de l’usine de vaccins suscite également des inquiétudes au sein de la classe politique. La conseillère nationale socialiste Sarah Wyss souligne l’importance de tels sites pour la sécurité de l’approvisionnement de la Suisse. « La Suisse a certainement intérêt à conserver ces installations de production dans le pays ou du moins en Europe », a-t-elle déclaré.

« Au plus tard depuis la pandémie de Covid-19, nous savons à quel point la Suisse est dépendante des installations de production. »

Sarah Wyss, conseillère nationale SP

Pour réduire ces dépendances, la Confédération doit renforcer l’attractivité du pays en offrant de bonnes conditions-cadres et en investissant dans la recherche et les universités. Elle devrait également développer sa stratégie pharmaceutique et examiner des instruments tels que les contrats d’achat.

Le conseiller national UDC Rémy Wyssmann n’est pas surpris par le départ de Janssen. « C’est un problème général que la Suisse soit de moins en moins favorable aux investissements », a-t-il affirmé. Il souligne que le développement économique nécessite de fournir aux entreprises suffisamment d’espace pour se développer et que la production à l’étranger est souvent moins coûteuse.

Shirin Camenisch (sca) travaille comme stagiaire au sein du département News, Business & Video Reports depuis 2025.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.