Home SantéLa “supergrippe” H3N2 progresse en Argentine et on accélère un plan pour l’arrêter à temps et à une date clé

La “supergrippe” H3N2 progresse en Argentine et on accélère un plan pour l’arrêter à temps et à une date clé

by Sophie Martin

Publié le 28 décembre 2025 09:00:00. Face à la propagation d’un nouveau sous-variant de la grippe H3N2, la sous-clade K, les autorités sanitaires argentines et péruviennes accélèrent les préparatifs pour une campagne de vaccination anticipée, tout en évaluant l’efficacité des vaccins actuels et l’intérêt d’un traitement antiviral.

  • Le Pérou devrait recevoir un premier lot du nouveau vaccin dès les premiers jours de février.
  • L’Argentine étudie la possibilité de lancer sa campagne de vaccination un mois plus tôt que d’habitude, mais cela dépend des capacités de production des laboratoires.
  • Même si les vaccins actuels peuvent être moins efficaces contre ce nouveau variant, ils restent essentiels pour prévenir les formes graves de la maladie.

L’émergence de la sous-clade K de la grippe H3N2 suscite une inquiétude croissante en Amérique du Sud. Après avoir circulé dans l’hémisphère nord, ce variant, plus contagieux, se propage rapidement dans plusieurs pays de la région, notamment l’Argentine, le Pérou, le Chili, le Brésil, la Colombie, la Bolivie et l’Équateur. Les premiers cas détectés en Argentine concernent un enfant de 5 ans à Buenos Aires et deux adolescents de Santa Cruz, auxquels s’ajoutent deux nouvelles infections à Neuquén, chez un mineur et un adulte hospitalisés pour une pneumonie, mais depuis rétablis.

Les autorités sanitaires sont particulièrement attentives à la transmissibilité accrue de cette sous-clade, qui semble partiellement contourner l’immunité acquise. Le ministère de la Santé péruvien a annoncé la réception imminente d’un premier lot du nouveau vaccin, dès les premiers jours de février. En Argentine, le ministère de la Santé travaille à accélérer les délais pour lancer la campagne de vaccination plus tôt que prévu, potentiellement un mois avant la date habituelle. Cependant, selon des sources internes, le calendrier précis dépendra de la capacité de production et des stocks disponibles des laboratoires.

La campagne de vaccination contre la grippe a traditionnellement débuté fin mars en Argentine, avec une distribution des doses dans les provinces à partir d’avril. Les vaccins pour la saison 2025-2026 sont basés sur des souches virales sélectionnées entre février et mars 2025, avant la propagation significative de la sous-clade K. Par conséquent, le nouveau vaccin ne contient pas spécifiquement cette souche. Une mise à jour de la composition vaccinale est généralement attendue pour la saison grippale de l’hémisphère nord (hiver 2026-2027) en février 2026, mais pourrait être avancée, selon une source de la Commission nationale de vaccination.

L’infectologue Eduardo López, chef du département de médecine de l’hôpital pour enfants Ricardo Gutiérrez, a souligné que le vaccin actuellement disponible en Argentine est adapté à la circulation virale dans l’hémisphère sud pour 2025, tandis qu’un vaccin différent est utilisé dans l’hémisphère nord. Il a ajouté que, même si les vaccins peuvent perdre de leur efficacité en raison des mutations virales, ils

« maintiennent une protection acceptable pour éviter l’hospitalisation et les maladies graves. »

Eduardo López, chef du département de médecine de l’hôpital pour enfants Ricardo Gutiérrez

En conséquence, les autorités sanitaires recommandent aux personnes à risque – enfants de moins de 2 ans, personnes de plus de 65 ans, femmes enceintes, professionnels de santé et personnes souffrant de comorbidités – qui n’ont pas été vaccinées au cours des six derniers mois de se faire vacciner, même avec la version actuelle du vaccin. Parallèlement, l’oseltamivir (plus connu sous le nom de Tamiflu) est considéré comme un traitement antiviral complémentaire à la vaccination, particulièrement utile pour les patients présentant des facteurs de risque. Clairon avait déjà évoqué cette possibilité.

Une étude récente publiée dans la revue scientifique JAMA confirme que, bien que la sous-clade K puisse partiellement échapper aux anticorps générés par les vaccins actuels, le vaccin continue de protéger efficacement contre les cas graves et les décès. L’étude suggère également que l’extension de la couverture vaccinale au-delà des groupes à risque pourrait être la stratégie la plus efficace pour limiter la propagation du virus.

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