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La technologie ultrasonique « secoue » l’eau des matériaux de récolte

by Thomas Caron

Publié le 18 novembre 2025 16h53. Des ingénieurs du MIT ont mis au point un dispositif innovant capable d’extraire rapidement l’eau de l’air, même dans les environnements arides, ouvrant la voie à de nouvelles solutions pour l’accès à l’eau potable dans les régions les plus touchées par la sécheresse.

  • Un nouveau dispositif utilise des ultrasons pour accélérer l’extraction de l’eau des matériaux absorbants, réduisant le temps de récupération de plusieurs heures à quelques minutes.
  • Cette technologie pourrait être alimentée par l’énergie solaire, permettant un fonctionnement autonome et cyclique pour une collecte d’eau continue.
  • Les chercheurs estiment que cette méthode est 45 fois plus efficace que les systèmes traditionnels basés sur l’évaporation solaire.

La collecte de l’eau atmosphérique (CWA), ou Atmospheric Water Harvesting (AWH) en anglais, représente une piste prometteuse pour répondre aux besoins en eau dans les zones arides et semi-arides du monde. Si les matériaux capables d’absorber l’humidité de l’air se multiplient, le processus d’extraction de cette eau restait jusqu’à présent lent et énergivore, dépendant souvent de la chaleur du soleil pour l’évaporation et la condensation. Une équipe d’ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) vient de franchir une étape décisive en développant une méthode radicalement plus rapide et efficace.

Au lieu d’attendre que le soleil fasse son œuvre, les chercheurs ont mis au point un appareil qui utilise des ondes ultrasonores pour « secouer » les molécules d’eau présentes dans les matériaux absorbants, appelés « sorbants ». Cet appareil, composé d’un anneau en céramique vibrant à haute fréquence, est entouré de minuscules buses permettant de collecter les gouttelettes d’eau libérées. Les tests ont démontré que l’eau pouvait être extraite en quelques minutes seulement, contre des dizaines de minutes, voire des heures, avec les systèmes thermiques classiques.

« Tout matériau très efficace pour capter l’eau ne veut pas se séparer de cette eau », explique Svetlana Boriskina, chercheuse principale au département de génie mécanique du MIT. « Il faut donc consacrer beaucoup d’énergie et de précieuses heures à extraire l’eau du matériau. » L’idée de recourir aux ultrasons est née d’une collaboration avec Ikra Iftekhar Shuvo, un étudiant diplômé travaillant sur des applications médicales portables utilisant cette technologie.

Selon Ikra Iftekhar Shuvo, les ultrasons permettent de briser les liens faibles entre les molécules d’eau et les surfaces sur lesquelles elles se fixent.

« Grâce aux ultrasons, nous pouvons briser avec précision les liens faibles entre les molécules d’eau et les sites où elles se trouvent. C’est comme si l’eau dansait avec les vagues, et cette perturbation ciblée crée un élan qui libère les molécules d’eau, et nous pouvons les voir se disperser en gouttelettes. »

Ikra Iftekhar Shuvo, étudiant diplômé du MIT en arts et sciences médiatiques

L’appareil pourrait être alimenté par une petite cellule solaire, qui servirait également de capteur pour déterminer quand le sorbant est saturé. Il serait alors possible de programmer le dispositif pour qu’il s’active automatiquement et libère l’eau collectée, permettant ainsi plusieurs cycles de collecte et d’extraction au cours d’une même journée. Les chercheurs envisagent un système domestique compact, constitué d’un matériau absorbant et d’un actionneur ultrasonique de la taille d’une fenêtre.

Svetlana Boriskina souligne l’importance de cette avancée pour les régions confrontées à une pénurie d’eau.

« Les gens recherchent des moyens de récupérer l’eau de l’atmosphère, qui pourrait constituer une source d’eau importante, en particulier pour les régions désertiques et les endroits où il n’y a même pas d’eau salée à dessaler. Nous disposons désormais d’un moyen de récupérer l’eau rapidement et efficacement. »

Svetlana Boriskina, chercheuse principale au département de génie mécanique du MIT

Les résultats de cette recherche sont publiés dans la revue Communications Nature. L’étude a été menée par Ikra Iftekhar Shuvo, Carlos Díaz-Marín, Marvin Christen, Michael Lherbette et Christopher Liem, sous la direction de Svetlana Boriskina.

Cet article a été republié à partir de matériaux. Note : le matériel peut avoir été modifié en termes de longueur et de contenu. Pour plus d’informations, veuillez contacter la source citée. Notre politique de publication des communiqués de presse est accessible ici.

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