Un cessez-le-feu immédiat est entré en vigueur samedi 27 décembre entre la Thaïlande et le Cambodge, mettant potentiellement fin à trois semaines de combats frontaliers qui ont fait au moins 47 morts et déplacé près d’un million de personnes. L’accord, signé par les ministres de la Défense des deux pays, prévoit le retour des civils dans les zones affectées et le gel des positions militaires.
Selon le texte de l’accord, le cessez-le-feu a pris effet à midi heure locale (5h00 GMT). Les deux parties se sont engagées à permettre aux civils vivant près de la frontière de rentrer chez eux « dans les plus brefs délais, sans obstruction et en toute sécurité et dignité ». Le déminage des zones frontalières et une coopération policière accrue pour lutter contre la cybercriminalité figurent également parmi les mesures prévues.
Si le cessez-le-feu est respecté pendant 72 heures, la Thaïlande libérera les 18 soldats cambodgiens qu’elle détient depuis des affrontements survenus en juillet dernier. Cependant, un manque de respect de cet accord pourrait remettre en question la sincérité des intentions cambodgiennes en matière de paix, selon des sources thaïlandaises.
L’annonce de cet accord a été saluée par la communauté internationale. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié cette initiative de « pas positif vers l’allègement des souffrances des civils et la création d’un environnement propice à une paix durable ». Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé l’espoir que cette trêve ouvrirait la voie à un renforcement de la confiance entre les deux pays et faciliterait le retour des populations déplacées.
L’Union européenne et les États-Unis ont également accueilli favorablement cet accord, appelant les deux parties à l’appliquer de bonne foi. Le président américain Donald Trump avait déjà joué un rôle de médiateur dans la conclusion d’une première trêve en octobre, à Kuala Lumpur, mais celle-ci avait été suspendue après que des soldats thaïlandais eurent été blessés par une mine à la frontière.
Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge persistent depuis longtemps, notamment en raison de désaccords sur le tracé de leur frontière de 800 kilomètres, héritée de la période coloniale française, et sur la souveraineté de plusieurs temples anciens, dont le temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les affrontements récents ont fait 47 morts : 26 du côté thaïlandais et 21 du côté cambodgien. Un premier épisode de combats en juillet avait déjà causé la mort de 43 personnes en cinq jours.
La Chine a également encouragé les deux pays à mettre fin au conflit. Les discussions directes entre la Thaïlande et le Cambodge ont finalement été rendues possibles après une réunion de crise organisée lundi par l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).
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