De violents affrontements opposent l’armée syrienne aux Forces de défense syriennes (FDS) kurdes, principalement dans la région d’Alep, après l’échec des négociations pour intégrer les combattants kurdes dans l’armée régulière syrienne. La Turquie a réaffirmé son soutien à Damas dans sa lutte contre les groupes qu’elle considère comme terroristes et s’est dite prête à intervenir si nécessaire.
Mercredi, l’armée syrienne a lancé des bombardements sur deux quartiers d’Alep, ordonnant aux combattants kurdes de quitter la zone, ce qui a provoqué le déplacement de milliers de civils. Ces hostilités interviennent après des mois de tensions liées à l’application d’un accord de mars 2025 prévoyant l’intégration des FDS dans l’appareil militaire syrien.
Les désaccords portent notamment sur la question de la décentralisation du pouvoir, réclamée par les Kurdes et rejetée par les autorités syriennes. Cette impasse a exacerbé les tensions et conduit à l’escalade actuelle.
Ankara, qui considère les FDS comme une branche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) – un groupe interdit en Turquie – et une menace pour sa sécurité frontalière, a exprimé sa volonté de contribuer à une résolution du conflit.
« Notre objectif est de mettre un terme immédiat au type d’affrontements que l’on voit actuellement à Alep… et d’établir rapidement un régime démocratique véritablement pluraliste qui répond aux besoins du peuple syrien. La Turquie est prête à fournir tout le soutien nécessaire à cet effet », a déclaré Numan Kurtulmus, président du Parlement turc, aux journalistes.
La Turquie a également mis en garde contre toute implication d’Israël dans le conflit, exprimant des craintes que ce pays ne cherche à profiter de la situation pour servir ses propres intérêts. « Nous savons que l’objectif fondamental de certains pays de la région est de fragmenter et de diviser davantage cette région, de monter les gens les uns contre les autres pour des raisons ethniques, religieuses et sectaires et même d’en faire des ennemis », a ajouté M. Kurtulmus.
Israël a, pour sa part, dénoncé jeudi l’opération de Damas contre la minorité kurde d’Alep, la qualifiant de « grave et dangereuse » pour les minorités syriennes. M. Kurtulmus a affirmé que « Israël n’aime pas les Arabes sunnites en Syrie, et Israël n’aime pas non plus les Kurdes de Syrie ».
La Turquie avait précédemment offert son soutien militaire au gouvernement de Damas, réaffirmant sa position selon laquelle la lutte contre le terrorisme est une priorité. « La Turquie soutient la lutte de la Syrie contre les organisations terroristes », a déclaré un responsable turc, précisant qu’Ankara « surveillait de près » l’évolution de la situation dans le nord de la Syrie et qu’elle était prête à fournir « le soutien nécessaire » si Damas en faisait la demande.