Publié le 11 novembre 2025 à 17h44. L’organisation du sommet sur le climat de 2026 fait l’objet d’une bataille diplomatique entre l’Australie et la Turquie, tandis que le choix du pays hôte pour l’édition de 2027, qui se tiendra en Éthiopie, semble désormais acquis.
- L’Australie et la Turquie se disputent l’organisation du sommet climatique de 2026 et ne sont pas prêtes à céder leur candidature.
- Le continent africain, et plus précisément l’Éthiopie, accueillera le sommet de 2027.
- Le Brésil, pays hôte de l’actuel sommet, exhorte les deux pays concurrents à trouver rapidement un accord.
Alors que le sommet sur le climat de cette année est en cours à Belém, au Brésil, une impasse diplomatique persiste concernant l’organisation de l’édition de 2026. L’Australie et la Turquie sont en lice pour accueillir cette importante réunion internationale et semblent déterminées à ne pas renoncer à leur candidature.
Cette situation est d’autant plus inhabituelle que, traditionnellement, les désaccords de ce type sont réglés bien à l’avance. Le Brésil se retrouve ainsi dans une position délicate : il ignore encore à quel pays il passera le relais dans deux semaines, à l’issue du sommet actuel.
La rivalité pour accueillir ce sommet, qui représente une lourde tâche organisationnelle, prend une tournure quelque peu paradoxale alors qu’un accord semble déjà trouvé pour l’édition de 2027. Le continent africain a été désigné pour organiser ce sommet cette année-là.
2027 : l’Éthiopie confirmée
Deux pays africains, le Nigeria et l’Éthiopie, avaient initialement manifesté leur intérêt pour l’organisation de l’événement. Cependant, les pays africains se sont finalement accordés pour confier l’organisation à l’Éthiopie. Cette décision devrait être officialisée dans la journée. Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, est donc quasiment assurée d’accueillir le sommet de 2027.
Parallèlement, le président du sommet actuel, le Brésilien Corrêa do Lago, presse la Turquie et l’Australie à résoudre leur différend dans les plus brefs délais. L’un des deux pays doit se retirer, faute de quoi aucun des deux ne pourra accueillir le sommet.
Si l’Australie et la Turquie ne parviennent pas à un accord, l’organisation reviendra à l’Allemagne, qui n’a pas exprimé d’intérêt particulier pour cette tâche. L’Allemagne abrite le siège des Nations Unies, l’organisme à l’origine de ces sommets climatiques, à Bonn. En cas d’impasse, le choix reviendrait donc automatiquement à l’Allemagne.
La pression monte
La question de savoir lequel des deux pays cédera le premier reste en suspens. Récemment, le Premier ministre australien Albanese a personnellement exhorté le président turc Erdogan à trouver ensemble une solution.
Albanese, qui participe pour la première fois à un sommet sur le climat, estime que le choix de l’Australie et des îles du Pacifique serait le plus pertinent. Ces îles, notamment Fidji et Vanuatu, sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique et sont devenues au fil des ans des symboles de la crise climatique.
Afin de satisfaire les Turcs, Albanese aurait proposé un compromis : la Turquie organiserait un ou plusieurs programmes de soutien, tandis que le sommet climatique proprement dit se tiendrait dans la ville australienne d’Adélaïde. La réaction de la Turquie à cette proposition reste inconnue.
Suivi diplomatique
Les diplomates suivent de près les démarches diplomatiques de l’Australie et de la Turquie lors du sommet. L’envoi du vice-président Yilmaz par la Turquie est perçu comme un signe de l’importance que ce pays accorde à cette question.
L’Australie a initialement envoyé « seulement » son ministre adjoint chargé du changement climatique, Josh Wilson. Cependant, au cours de la deuxième semaine du sommet, le ministre du Changement climatique Chris Bowen rejoindra également les discussions. Il est l’un des principaux artisans de la candidature australienne.
La pression reste forte sur les deux pays pour parvenir à une solution. Le chef du climat de l’ONU, Simon Stiell, s’était rendu en Australie l’été dernier et avait averti que l’impasse actuelle compromettait les préparatifs du prochain sommet sur le climat.
