Home SantéLes modèles d’évaluation des risques pourraient améliorer le soutien aux patients qui quittent l’hôpital contre avis médical

Les modèles d’évaluation des risques pourraient améliorer le soutien aux patients qui quittent l’hôpital contre avis médical

by Sophie Martin

Publié le 24 septembre 2025. De nouveaux outils d’évaluation des risques pourraient permettre d’identifier les patients les plus susceptibles de subir une surdose ou de décéder après avoir quitté l’hôpital contre l’avis médical, une pratique de plus en plus fréquente.

  • Les patients quittant l’hôpital contre l’avis médical présentent un risque de décès deux fois plus élevé et un risque de surdose de drogues illicites dix fois plus important dans les 30 jours suivant leur sortie.
  • Des modèles prédictifs ont été développés pour évaluer ces risques, en tenant compte de facteurs tels que les comorbidités, les antécédents de consommation de substances et les conditions socio-économiques.
  • L’utilisation de ces outils pourrait améliorer la communication entre les médecins et les patients et permettre une meilleure préparation à la sortie de l’hôpital.

Une nouvelle étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne (CMJ) met en lumière les dangers liés aux sorties d’hôpital « avant avis médical » (BMA). Ces départs, initiés par environ 500 000 personnes aux États-Unis et 30 000 au Canada chaque année, sont associés à une augmentation significative des risques pour la santé des patients.

Selon les chercheurs, le calcul précis du risque de décès et de surdose, combiné à l’expertise clinique et à d’autres évaluations, pourrait faciliter une discussion constructive entre les professionnels de santé et les patients. Cela permettrait d’évaluer la capacité du patient à prendre une décision éclairée et de mettre en place des mesures pour atténuer les risques après la sortie de l’hôpital.

« Le calcul du risque de décès et de surdose médicamenteuse d’un patient spécifique – combiné au jugement clinique et à d’autres scores de risque – pourrait aider les cliniciens et les patients à avoir une discussion constructive et centrée sur le patient sur la décision d’initier une sortie de BMA, notamment en évaluant la capacité du patient à prendre une telle décision et en discutant des moyens d’atténuer les risques après la sortie de BMA. En réduisant l’incertitude, les estimations des risques pourraient également réduire la détresse morale du clinicien face à une décharge de BMA. »

Dr Hiten Naik, Université de la Colombie-Britannique, Vancouver (Colombie-Britannique)

L’étude a porté sur deux cohortes de patients en Colombie-Britannique : une cohorte générale de 6 440 adultes ayant initié une sortie BMA et une cohorte de 4 466 personnes ayant des antécédents de consommation de substances. Les résultats ont révélé des facteurs de risque spécifiques pour chaque groupe.

Dans la cohorte générale, les chercheurs ont constaté un décès pour 63 sorties BMA dans les 30 jours. La présence de plusieurs maladies (multimorbidité), les problèmes cardiaques et le cancer se sont avérés être des indicateurs importants de décès. Chez les patients ayant des antécédents de consommation de substances, l’itinérance, le recours à l’aide sociale, les troubles liés à l’usage d’opioïdes et de drogues illicites, les antécédents de surdose et une sortie récente d’un service chirurgical étaient fortement associés à un risque accru de surdose après la sortie de l’hôpital.

« Chez les patients ayant des antécédents de consommation de substances, une surdose de drogues illicites était un résultat relativement courant peu de temps après la sortie du BMA (c’est-à-dire environ 1 surdose de drogue illicite dans les 30 jours pour 19 sorties de BMA), ce qui suggère que cette période est une opportunité critique mais largement inexplorée pour la prévention des surdoses », soulignent les auteurs.

Ils suggèrent que les hôpitaux et les systèmes de santé pourraient utiliser ces modèles prédictifs pour automatiser l’identification des patients à haut risque lors des sorties BMA, en envoyant des alertes et en les orientant automatiquement vers des programmes de soutien adaptés. Ces outils, selon eux, constituent un point de départ prometteur pour améliorer la prise en charge des patients vulnérables.

Source:

Référence du journal :

Nasmith, T., et autres. (2025). Prédire une surdose de drogue et le décès après une sortie de l’hôpital « avant avis médical ». Journal de l’Association médicale canadienne. doi: 10.1503/cmaj.250492. https://www.cmaj.ca/content/197/38/E1247

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