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La vaccination à ARNm du Covid renforce le système immunitaire lors des traitements contre le cancer

by Amélie Bernard

Publié le 25 octobre 2025 à 22h39. Une vaccination contre la Covid-19 à ARNm pourrait prolonger significativement l’espérance de vie des patients atteints de cancers du poumon et de la peau recevant une immunothérapie, selon une étude récente. Cette découverte inattendue suggère que l’effet stimulant du vaccin sur le système immunitaire pourrait renforcer l’efficacité des traitements contre le cancer.

  • Les patients atteints de cancer du poumon vaccinés contre la Covid-19 dans les 100 jours suivant le début de leur immunothérapie ont vécu en moyenne deux fois plus longtemps que ceux non vaccinés (près de 40 mois contre 20).
  • Un effet similaire, bien que moins prononcé, a été observé chez les patients atteints de cancer de la peau.
  • Les chercheurs pensent que la vaccination à ARNm induit une « tempête de cytokines » bénéfique, activant le système immunitaire sans provoquer de dérégulation.

Des chercheurs du MD Anderson Cancer Center de l’Université du Texas et de l’Université de Floride ont mis en évidence un lien surprenant entre la vaccination à ARNm contre la Covid-19 et une amélioration de la survie des patients atteints de cancers du poumon et de la peau traités par immunothérapie. Les résultats de cette étude, publiés mercredi dans la revue scientifique Nature, suggèrent que la vaccination pourrait agir comme un catalyseur, renforçant la réponse immunitaire contre les cellules cancéreuses.

L’étude a porté sur 180 patients atteints de cancer du poumon. Ceux qui avaient reçu le vaccin Covid dans les 100 jours suivant le début de leur immunothérapie ont vécu en moyenne près de 40 mois, contre 20 mois pour ceux qui n’avaient pas été vaccinés. Parmi les 43 patients atteints de cancer de la peau inclus dans l’étude, ceux vaccinés ont vécu entre 30 et 40 mois, comparativement à un peu moins de 28 mois pour les autres. Il est important de noter que tous les patients inclus dans l’étude étaient atteints de cancers de stade trois ou quatre, des formes souvent difficiles à traiter.

L’effet bénéfique ne semble pas lié à l’immunothérapie seule. Les patients atteints de cancer qui n’avaient pas été vaccinés contre la Covid-19 pendant la période étudiée n’ont pas présenté d’augmentation significative de leur espérance de vie. De plus, l’effet n’était pas observé avec des vaccins contre la Covid-19 utilisant une technologie autre que l’ARNm.

Selon les chercheurs, la clé de cet effet réside dans la « tempête de cytokines » induite par la vaccination à ARNm. Les cytokines sont des molécules de signalisation du système immunitaire. La vaccination à ARNm provoquerait une augmentation significative de certaines cytokines, notamment une multiplication par 8 de la cytokine IL-8 et une multiplication par 265 de la cytokine IFN-α. Contrairement à une tempête de cytokines déclenchée par une infection virale, le système immunitaire ne serait pas déréglé, mais au contraire, activé de manière bénéfique.

Les chercheurs émettent l’hypothèse que cette activation du système immunitaire pourrait stimuler l’expression d’une protéine appelée PD-L1 dans les tumeurs. Cette protéine joue un rôle important dans la réponse immunitaire contre le cancer et pourrait rendre les tumeurs plus sensibles à l’immunothérapie.

« L’impact est extraordinaire – cela pourrait révolutionner l’ensemble du domaine des soins en oncologie. »

Elias Sayour, oncologue et co-auteur principal de l’étude

Les résultats de cette étude ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques. Il serait désormais possible de développer des vaccins capables de mobiliser la réponse immunitaire contre le cancer, agissant comme un « vaccin universel contre le cancer » pour tous les patients. L’objectif, en particulier dans les cas de cancer avancé, n’est pas nécessairement la guérison, mais une prolongation significative de la vie.

« Les résultats de ces travaux sont scientifiquement remarquables et extrêmement prometteurs. »

Alfred Zippelius, chercheur et oncologue à l’hôpital universitaire de Bâle

Alfred Zippelius souligne l’importance de confirmer ces résultats observationnels rétrospectifs par une étude clinique rigoureuse. Il prévient toutefois qu’il est encore trop tôt pour recommander l’utilisation systématique de cette approche chez les patients.

Le laboratoire d’Elias Sayour avait déjà démontré en juillet qu’il n’était pas nécessaire de cibler une protéine spécifique du virus (comme la protéine Spike du vaccin Covid) pour obtenir un effet anti-tumoral. Il avait alors breveté un vaccin à ARNm non spécifique, capable de stimuler le système immunitaire de manière générale et de provoquer une forte réaction anti-tumorale chez les souris de laboratoire.

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