Publié le 13 décembre 2025 21h45. Une étude menée au Guatemala suggère que la vaccination antipneumococcique pourrait réduire la colonisation par des bactéries résistantes aux antibiotiques chez les enfants, tandis que plusieurs facteurs environnementaux et comportementaux jouent également un rôle dans la propagation de ces résistances.
- La vaccination contre le pneumocoque (PCV13) est associée à une diminution de la colonisation par des entérobactéries résistantes aux céphalosporines à spectre étendu (ESCrE).
- Les diarrhées récentes et le contact avec l’agriculture augmentent le risque de colonisation par ces bactéries résistantes.
- La consommation de yaourt pourrait avoir un effet protecteur modeste, en particulier en association avec les vaccins antipneumococcique et antirrotavirus.
Des chercheurs ont étudié l’impact de la vaccination sur la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques chez les enfants guatémaltèques. L’étude, de type transversale, a analysé des données provenant de 406 enfants âgés de 0 à 14 ans, incluant des informations sur leurs vaccinations, leurs antécédents de santé et des analyses de leurs selles. L’objectif était de comprendre comment la vaccination contre le pneumocoque et le rotavirus pouvait influencer la colonisation par des entérobactéries résistantes aux céphalosporines à spectre étendu (ESCrE), un problème de santé publique croissant.
Les résultats indiquent que la vaccination antipneumococcique avec le PCV13 semble protéger contre la colonisation par les ESCrE, en réduisant notamment le nombre de consultations médicales. L’utilisation d’antibiotiques, en revanche, augmente les visites chez le médecin mais n’a pas d’effet significatif sur la présence de ces bactéries résistantes. L’impact de la vaccination contre le rotavirus sur la colonisation ESCrE n’a pas pu être clairement établi, probablement en raison du nombre relativement faible d’enfants non vaccinés contre ce virus dans l’échantillon étudié.
Au-delà de la vaccination, l’étude met en évidence l’importance d’autres facteurs. Les enfants ayant récemment souffert de diarrhées présentent un risque accru de colonisation par les ESCrE, ce qui pourrait être lié à une perturbation de la flore intestinale et à une exposition accrue aux soins de santé. La consommation de yaourt semble avoir un effet protecteur modeste, en particulier chez les enfants vaccinés. Enfin, vivre dans un foyer pratiquant l’agriculture est associé à une probabilité plus élevée de colonisation, suggérant un rôle possible des environnements agricoles comme réservoirs de bactéries résistantes aux antibiotiques. Des études récentes ont également mis en évidence des taux élevés de bactéries résistantes chez les patients atteints du VIH.
Les chercheurs soulignent que la résistance aux antimicrobiens est un phénomène complexe, influencé par de multiples facteurs, notamment la vaccination, l’état de santé, l’accès aux soins, l’exposition aux antibiotiques, l’alimentation et l’environnement. Ils recommandent que ces résultats soient confirmés par des études plus vastes, incluant une évaluation des conséquences cliniques de la colonisation par les ESCrE. La lutte contre la résistance aux antimicrobiens nécessite une approche globale et prudente.
Référence : Ramay BM et al. Évaluation des effets de la vaccination contre le pneumocoque (PCV13) et la vaccination contre le rotavirus (RV) sur la colonisation par des entérobactéries résistantes aux céphalosporines à spectre étendu (ESCrE) chez les enfants guatémaltèques. Vaccin. 2025;66:127852.
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