Publié le 26 octobre 2024. Le cancer demeure une cause majeure de mortalité à l’échelle mondiale, mais l’accès aux traitements reste profondément inégalitaire, particulièrement dans les pays à faibles ressources. Un groupe de travail international propose une approche collaborative pour améliorer la situation, s’inspirant des succès obtenus dans la lutte contre le VIH.
- Environ 20 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués dans le monde en 2020, entraînant 9,7 millions de décès.
- Seulement 75 % des patients dans les pays à faibles ressources ont accès à un diagnostic et à un traitement contre le cancer, contre 90 % dans les pays à revenu élevé.
- Un groupe de travail savant, soutenu par le Harvard Global Health Institute, plaide pour une collaboration accrue entre les différents acteurs pour rendre les médicaments oncologiques plus accessibles.
Selon l’American Cancer Society, le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde. Les disparités en matière d’accès aux soins sont criantes : là où la grande majorité des habitants des pays à revenu élevé bénéficient d’une prise en charge complète, une proportion alarmante de patients dans les pays à faibles ressources (RCC) se voit refuser un diagnostic ou un traitement adéquat. Cette situation se traduit par des taux de survie significativement plus faibles dans ces régions.
Face à ce défi, le groupe de travail savant « Accès aux thérapies contre le cancer », basé à Harvard, a formulé des recommandations pour une meilleure équité. Il insiste sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les entreprises pharmaceutiques, les gouvernements locaux et la société civile.
« Il faut un effort collectif pour résoudre le problème de l’accès limité aux médicaments innovants en oncologie dans les RCC. Les défis sont complexes et nécessitent l’engagement de toutes les parties prenantes, qui devront s’adapter et collaborer pour créer un environnement bénéfique pour tous. »
Aparna Parikh, professeur agrégé de médecine à la Harvard Medical School
Au cours de l’année écoulée, le groupe de travail a mené des consultations avec d’anciens dirigeants de l’industrie pharmaceutique afin de mieux comprendre leurs pratiques en matière d’accès aux traitements dans les RCC. Ces échanges ont révélé une tendance à attribuer la responsabilité du manque d’accès uniquement à l’industrie, alors qu’une approche plus globale et collaborative est essentielle.
Le groupe de travail s’inspire notamment de la réponse mondiale au VIH, qui a démontré l’efficacité d’une approche multipartite impliquant les défenseurs des droits des patients, les militants, les gouvernements donateurs, les organisations internationales et les RCC. Cette mobilisation a permis de sensibiliser aux maladies, d’améliorer les capacités de santé et de faciliter l’accès aux traitements.
Le modèle de licence volontaire, mis en œuvre par des entreprises comme Gilead dans le domaine du VIH, est cité en exemple. Cette stratégie a non seulement permis de rendre des antirétroviraux abordables à des millions de patients, mais a également généré des revenus pour l’entreprise grâce à un modèle économique basé sur des volumes élevés et des marges réduites. Le groupe de travail a publié un papier blanc détaillant ces enseignements et proposant des pistes pour les appliquer au domaine de l’oncologie.