Home SantéL’ADN « indésirable » pourrait cacher les commutateurs qui permettent à la maladie d’Alzheimer de s’installer : ScienceAlert

L’ADN « indésirable » pourrait cacher les commutateurs qui permettent à la maladie d’Alzheimer de s’installer : ScienceAlert

by Sophie Martin

Publié le 5 janvier 2026 à 03h25. Des chercheurs ont identifié plus de 150 signaux de contrôle dans les astrocytes, des cellules cérébrales essentielles, qui pourraient détenir des clés pour comprendre et traiter la maladie d’Alzheimer. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur le rôle de l’ADN non codant dans le développement de cette maladie neurodégénérative.

  • L’étude met en évidence l’importance des « activateurs » génétiques, situés dans des zones de l’ADN autrefois considérées comme inutiles, dans la régulation de l’activité des gènes impliqués dans la maladie d’Alzheimer.
  • Les chercheurs ont utilisé l’outil d’édition génétique CRISPRi pour désactiver ces activateurs dans des astrocytes cultivés en laboratoire et observer leur impact sur l’expression des gènes.
  • Cette recherche, menée par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) en Australie, pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à la défaillance des astrocytes et à l’installation de la maladie d’Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer, une affection neurodégénérative complexe, affecte des millions de personnes dans le monde. Les astrocytes, des cellules gliales qui fournissent un soutien essentiel aux neurones, sont de plus en plus reconnues comme des acteurs clés dans le développement de la maladie. Des recherches antérieures ont montré que ces cellules peuvent non seulement perdre leur fonction protectrice, mais aussi devenir nocives pour le cerveau.

L’équipe de l’UNSW s’est concentrée sur les régions non codantes de l’ADN, souvent appelées « ADN poubelle », qui ne contiennent pas d’instructions directes pour la fabrication de protéines. Cependant, ces régions abritent des séquences appelées activateurs, ou « boosters », qui contrôlent l’activité des gènes. Ces activateurs, bien que situés à distance des gènes qu’ils régulent, jouent un rôle crucial dans l’expression génétique.

« Lorsque les chercheurs recherchent des changements génétiques expliquant des maladies comme l’hypertension, le diabète – et aussi des troubles psychiatriques et neurodégénératifs comme la maladie d’Alzheimer – nous nous retrouvons souvent avec des changements non pas tant au sein des gènes, mais entre les deux », explique Irina Voineagu, biologiste moléculaire à l’UNSW.

Pour identifier ces activateurs fonctionnels, les chercheurs ont utilisé la technologie CRISPRi, un outil génétique qui permet de désactiver des sections d’ADN sans les couper définitivement. En désactivant près de mille régions d’ADN suspectées d’abriter des activateurs dans des astrocytes cultivés, ils ont pu observer les changements dans l’expression des gènes. Environ 150 de ces activateurs se sont avérés fonctionnels, et de manière frappante, beaucoup d’entre eux contrôlaient des gènes impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

« Nous avons utilisé CRISPRi pour désactiver les amplificateurs potentiels dans les astrocytes afin de voir s’ils modifiaient l’expression des gènes », précise Nicole Green, généticienne moléculaire à l’UNSW. « Et si c’était le cas, alors nous savions que nous avions trouvé un activateur fonctionnel et que nous pourrions alors déterminer quel gène – ou quels gènes – il contrôle. »

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques potentielles. Une fois les séquences d’activateurs identifiées, des systèmes d’intelligence artificielle peuvent être entraînés à détecter davantage d’amplificateurs, permettant ainsi de cartographier plus rapidement les circuits de contrôle génétique dans les astrocytes. Cependant, les chercheurs soulignent qu’il est encore trop tôt pour parler de thérapies.

« Nous ne parlons pas encore de thérapies, mais vous ne pouvez pas les développer sans d’abord comprendre le schéma de câblage. C’est ce que cela nous donne : une vision plus approfondie des circuits de contrôle génétique dans les astrocytes », ajoute Voineagu.

Il est important de noter que les activateurs identifiés dans cette étude sont spécifiques aux astrocytes et que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces activateurs fonctionnent de la même manière lorsque les astrocytes deviennent hyperactifs, comme c’est le cas dans la maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer est un trouble incroyablement complexe, et les astrocytes dysfonctionnels – et les gènes qui les régulent – ne représentent qu’une pièce du puzzle.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience.

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