Publié le 27 octobre 2025 09:58:00. L’Afrique du Sud est devenue le premier pays africain à approuver le lénacapavir, une nouvelle injection semestrielle pour la prévention du VIH. Cette avancée majeure, qui pourrait transformer la lutte contre l’épidémie sur le continent, sera déployée à partir de mars 2026.
- L’Autorité sud-africaine de réglementation des produits de santé (SAHPRA) a donné son feu vert au lénacapavir.
- Le déploiement de ce nouveau traitement est prévu pour mars 2026, après une période de préparation et de financement.
- Le lénacapavir offre une protection de six mois avec seulement deux injections annuelles, une alternative prometteuse aux méthodes de prévention existantes.
L’Afrique du Sud franchit une étape cruciale dans sa stratégie de lutte contre le VIH avec l’approbation du lénacapavir. Cette injection à action prolongée, développée par le laboratoire américain Gilead, représente une avancée significative en matière de prophylaxie pré-exposition (PrEP). La SAHPRA a annoncé l’enregistrement du médicament, soulignant l’importance de cette innovation pour un pays fortement touché par l’épidémie de VIH.
Le ministre de la Santé, le Dr Aaron Motsoaledi, avait déjà annoncé en septembre 2025 l’intention du gouvernement d’intégrer le lénacapavir dans les mécanismes de financement nationaux, avec l’objectif d’un financement régulier après une période d’évaluation de deux ans. Il a également mis en avant la réduction spectaculaire des coûts de production, passant de 28 000 dollars américains par personne et par an à seulement 40 dollars, grâce à des accords avec Gilead et six autres sociétés pharmaceutiques, dont une égyptienne. Des versions génériques seront également produites par des entreprises comme Hetero, en partenariat avec la Fondation Gates.
Selon la SAHPRA, le lénacapavir est destiné aux adultes et aux adolescents pesant au moins 35 kg, séronégatifs et présentant un risque d’infection par le VIH. Il nécessite une dose initiale par injection sous-cutanée, complétée par la prise de comprimés les premier et deuxième jours. L’organisme de réglementation insiste toutefois sur la nécessité de combiner cette prophylaxie avec des pratiques sexuelles plus sûres, notamment l’utilisation de préservatifs, afin de réduire le risque de transmission d’autres infections sexuellement transmissibles.
Boitumelo Semete-Makokotlela, PDG de la SAHPRA, a déclaré que l’enregistrement du lénacapavir est une avancée majeure compte tenu du taux de prévalence élevé du VIH en Afrique du Sud, qualifiant ce produit de mesure de prévention la plus efficace à ce jour.
La SAHPRA a précisé que le processus d’examen du lénacapavir a été mené en collaboration avec la procédure européenne des médicaments pour tous. Cette approche permet à l’Agence européenne des médicaments, en coopération avec les autorités de réglementation participantes, de fournir des avis scientifiques sur des médicaments prioritaires destinés aux marchés en dehors de l’Union européenne. Selon l’organisme de surveillance, cette collaboration renforce les systèmes de réglementation et accélère l’accès aux médicaments essentiels.
Une table ronde nationale sur l’accès et la durabilité du lénacapavir en Afrique du Sud, organisée par le Conseil national sud-africain de lutte contre le sida (SANAC) et le ministère de la Santé, a permis de discuter de l’état de préparation du pays à mettre en œuvre ce nouveau traitement.
Pour plus d’informations sur les efforts de l’Afrique du Sud en matière de lutte contre le VIH/SIDA, vous pouvez consulter le plan de transition PEPFAR pour renforcer le traitement du VIH/SIDA en Afrique du Sud.
La SAHPRA est responsable de la surveillance, de l’évaluation, de l’enquête, de l’inspection et de l’enregistrement de tous les produits de santé, y compris les essais cliniques, les médecines complémentaires, les dispositifs médicaux et les diagnostics in vitro, ainsi que de la supervision du contrôle des radiations en Afrique du Sud.