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L’âge auquel on est vieux, selon la science

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une étude de l’Université de Stanford, publiée dans Nature Medicine, révèle une cartographie précise du vieillissement humain basée sur l’évolution des protéines plasmatiques, permettant d’identifier des étapes clés et de mesurer l’âge biologique réel d’un individu.

  • Le vieillissement est divisé en trois phases distinctes : l’âge adulte (jusqu’à 60 ans), la maturité tardive (de 60 à 78 ans) et la vieillesse (à partir de 78 ans).
  • L’étude identifie 1 379 protéines dont les variations permettent de prédire l’âge avec une précision croissante.
  • L’analyse du plasma sanguin révèle un “écart d’âge” qui compare l’âge biologique d’une personne à celui de ses pairs.

Des chercheurs de l’Université de Stanford ont établi une chronologie détaillée de la détérioration cellulaire en analysant les échantillons de plus de 4 000 participants. Leur travail, publié dans la prestigieuse revue Nature Medicine, offre une nouvelle perspective sur le processus de vieillissement et ouvre des pistes pour de futures recherches sur la longévité et la santé.

L’étude a permis de diviser le vieillissement en trois étapes bien définies, en se basant sur les changements observés dans les protéines plasmatiques. Le premier tournant majeur se situe autour de l’âge de 34 ans, moment où des modifications liées à une baisse de la condition physique commencent à apparaître. Cette première phase, qualifiée d’âge adulte, s’étend jusqu’à 60 ans. La deuxième étape, dite de maturité tardive, couvre la période allant de 60 à 78 ans. Enfin, la vieillesse proprement dite commence à partir de 78 ans et plus.

Dans chacune de ces phases, les chercheurs ont observé une évolution commune : les niveaux des composants protéiques, initialement stables, diminuent progressivement jusqu’à cesser d’être produits. Ce phénomène est lié à la capacité réduite de l’ADN (acide désoxyribonucléique) à se réparer avec l’âge.

Les protéines, un indicateur clé de l’âge biologique

L’analyse a porté sur le plasma de 4 263 donneurs âgés de 18 à 95 ans. Tony Wyss-Coray, auteur principal de l’étude, souligne l’importance cruciale de ces éléments biologiques dans la détermination de l’âge réel du corps.

« Les protéines sont les bêtes de somme des cellules constitutives du corps et lorsque leurs niveaux relatifs subissent des changements substantiels, cela signifie que vous avez également changé. »

Tony Wyss-Coray, auteur de l’étude

Les variations ou la diminution significative de ces niveaux témoignent du passage du temps au niveau interne de l’organisme. L’étude a identifié 1 379 protéines qui varient en fonction de l’âge, après avoir examiné plus de 3 000 types différents chez chaque individu. Il s’avère que seulement 373 d’entre elles suffisent à prédire l’âge des participants. Selon le spécialiste, l’ajout de protéines supplémentaires, au-delà de 9 ou 10, améliore encore légèrement la précision de la prédiction.

Signes physiques et décalage d’âge des organes

L’analyse des protéines plasmatiques a également révélé des informations sur l’état des organes vitaux. Pour chaque individu, le modèle de vieillissement permet de calculer un “écart d’âge”, une mesure qui compare l’âge biologique de la personne à celui de ses pairs du même âge chronologique, en fonction de son profil moléculaire.

Wyss-Coray a identifié des marqueurs récurrents du vieillissement chez les participants à l’étude, notamment un ralentissement du métabolisme, un affaiblissement de la structure osseuse, des modifications des habitudes de sommeil, ainsi qu’une diminution de la vision et de l’audition. L’apparition de taches, de rides, une perte de masse musculaire et une mobilité réduite sont également des indicateurs. La revue Nature souligne que le vieillissement entraîne une détérioration de la structure et de la fonction des tissus dans tout le corps.

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