Home SantéL’alarme «épidémique silencieuse» donne: 460% en 5 ans! Il se propage rapidement, devient fatal…

L’alarme «épidémique silencieuse» donne: 460% en 5 ans! Il se propage rapidement, devient fatal…

by Sophie Martin

Alerte aux États-Unis : Propagation rapide d’une “superbactérie” résistante aux antibiotiques

Aux États-Unis, les autorités sanitaires lancent un avertissement urgent concernant la propagation rapide d’une bactérie particulièrement dangereuse pour la santé publique. Cette bactérie peut résister même aux antibiotiques les plus puissants, rendant son traitement presque impossible.

Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), cette “superbactérie” est devenue de plus en plus répandue ces dernières années et représente une menace majeure, non seulement aux États-Unis, mais aussi à l’échelle mondiale. Les experts soulignent que les antibiotiques sont de moins en moins efficaces, ce qui rend le traitement de certaines infections beaucoup plus difficile et risqué.

Augmentation de plus de 460%

Les données de laboratoire publiées par le CDC révèlent que cette bactérie, identifiée comme « NDM-CRE », a augmenté de plus de 460% aux États-Unis entre 2019 et 2023. Elle appartient à un groupe bactérien plus large et dangereux appelé « Carbapenem Enterobacterales ».

NDM-CRE neutralise l’effet des antibiotiques en produisant l’enzyme « New Delhi Metalllo-beta-Laktamaz » (NDM). Cela rend les bactéries résistantes à presque toutes les espèces d’antibiotiques. Les experts qualifient ces bactéries de « super germes » car elles ne répondent pas aux traitements antibiotiques classiques.

Une menace silencieuse et mortelle

Selon les déclarations du CDC, les bactéries NDM-Cre ont causé environ 12 700 infections et 1 100 décès aux États-Unis en 2020. Ces chiffres devraient augmenter ces dernières années, compte tenu de l’accélération du taux de propagation.

Les infections sont généralement liées à des infections urinaires, une pneumonie, des infections du sang et des infections de plaies ouvertes. Le principal risque est que ces maladies se développent chez les personnes ayant un système immunitaire affaibli et dans les environnements hospitaliers, où ces bactéries peuvent se propager rapidement.

Le diagnostic est difficile, le traitement encore plus

L’épidémiologiste Danielle Rankin, du CDC, a déclaré : « Cette forte augmentation du NDM-CRE montre que nous sommes confrontés à une menace croissante qui limite sérieusement notre capacité à traiter certaines des infections bactériennes les plus graves. Le choix du bon traitement n’a jamais été aussi compliqué. »

Selon Rankin, le manque de diagnostic correct de cette bactérie et son taux de propagation constituent un problème majeur. Ces bactéries étant peu courantes aux États-Unis, elles ne sont pas toujours détectées par les établissements de santé, ce qui entraîne des diagnostics tardifs ou des négligences.

L’analyste médical Marc Siegel a qualifié cette situation de « tendance très inquiétante », ajoutant : « Ces bactéries ont le potentiel de provoquer des maladies graves et même la mort. L’une des principales causes est l’utilisation excessive et inappropriée des antibiotiques. Ce n’est pas un problème uniquement américain. »

Bien que certains nouveaux antibiotiques montrent des résultats prometteurs, leur production coûteuse et limitée rend leur utilisation inadéquate.

L’industrie pharmaceutique : un enjeu de profit ?

Le Dr David Perlin, du Hackesack Meridian Discovery and Innovation Center dans le New Jersey, souligne l’approche commerciale de la production d’antibiotiques : « Actuellement, l’une des plus grandes menaces pour les Américains est la résistance aux antibiotiques. Cependant, le problème est que l’industrie pharmaceutique n’est pas suffisamment incitée à produire de nouveaux antibiotiques contre ces bactéries, car les marges bénéficiaires sont faibles et le retour sur investissement est à long terme. »

Perlin souligne que la bactérie NDM-Cre mute constamment et développe de nouveaux mécanismes pour contourner le système immunitaire, ce qui peut avoir des conséquences mortelles, en particulier pour les personnes âgées, les patients atteints de cancer et ceux qui reçoivent un traitement immunosuppresseur, comme les transplantés.

Un appel à l’action pour le système de santé

Les experts insistent sur la nécessité pour les établissements de santé d’améliorer leur capacité à effectuer des tests plus sensibles et plus rapides, en particulier aux urgences et à l’admission des patients. Le Dr Perlin souligne : « Ces infections doivent être détectées rapidement pour un traitement et un contrôle efficaces. Pour cela, l’accès aux tests dans le système de santé doit être élargi et le personnel doit être formé. »

Les patients doivent également être plus conscients et insister auprès de leurs médecins : « Si vous pensez qu’une infection ne répond pas aux traitements normaux, cela peut indiquer une résistance aux antibiotiques et nécessiter une investigation. Les cas négligés peuvent entraîner des épidémies plus importantes. »

Un risque de propagation élevé

NDM-CRE risque de se propager non seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans les maisons de soins infirmiers, les centres de réadaptation et même dans les espaces publics. Le Dr Siegel recommande d’intensifier les mesures de désinfection, en particulier dans les environnements fréquentés par des personnes immunodéprimées. « Le diagnostic précoce, la désinfection régulière des environnements et la sensibilisation du personnel sont les seuls moyens de prévenir la propagation de ces superbactéries. »

Attention aux analgésiques !

Des études récentes suggèrent que les analgésiques largement utilisés pourraient accélérer le développement de ces bactéries résistantes. Bien que la recherche soit encore à un stade précoce, les experts s’accordent à dire que la consommation inutile de médicaments accélère le processus.

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