Publié le 8 janvier 2026. Le départ soudain de Kevin Kim, ambassadeur par intérim des États-Unis en Corée du Sud, après seulement deux mois en poste, souligne les incertitudes persistantes quant à la représentation diplomatique américaine à Séoul, alors que l’administration Trump tarde à nommer des ambassadeurs dans plusieurs pays clés.
- Kevin Kim a officiellement quitté son poste d’ambassadeur par intérim et est retourné à Washington.
- James R. Heller, chef de mission adjoint, assurera l’intérim en tant que chargé d’affaires.
- L’administration Trump n’a pas encore nommé d’ambassadeurs dans plusieurs pays alliés, dont la Corée du Sud, l’Allemagne, l’Australie et le Danemark.
Séoul a été officiellement informée par Washington du retour de Kevin Kim, qui occupait le poste d’ambassadeur par intérim depuis le 27 octobre dernier, a annoncé mercredi le ministère sud-coréen des Affaires étrangères. Selon un communiqué du ministère, l’ambassade américaine a notifié le gouvernement coréen de ce changement. « L’ambassadeur par intérim Kevin Kim est de retour à Washington », indique le texte, précisant que James R. Heller, actuellement chef de mission adjoint, assurera l’intérim en tant que chargé d’affaires et maintiendra une communication étroite avec les autorités coréennes.
Le ministère des Affaires étrangères n’a pas divulgué d’informations concernant les prochaines fonctions de Kevin Kim. « Il n’y a rien à confirmer ou à divulguer concernant le futur poste de Kevin Kim », a-t-il simplement déclaré. Son départ, intervenu après son retour de vacances de Noël, intervient alors que des spéculations circulaient sur une possible prolongation de son mandat, voire une nomination officielle au poste d’ambassadeur.
Ce départ rapide fait écho à celui de Philip Goldberg, l’ancien ambassadeur américain en Corée du Sud, nommé par l’administration Biden, qui a quitté ses fonctions en janvier dernier. Avant Kim, Joseph Yun, ancien représentant spécial des États-Unis pour la politique nord-coréenne, avait assuré l’intérim pendant neuf mois. La Corée du Sud a donc connu une succession rapide de chargés d’affaires ces derniers mois.
Malgré son départ de Séoul, Kevin Kim pourrait continuer à jouer un rôle dans les négociations bilatérales, notamment à Washington. Des observateurs estiment qu’il pourrait être impliqué dans les discussions techniques concernant les sous-marins à propulsion nucléaire et d’autres questions de sécurité, telles que celles évoquées dans la déclaration conjointe Corée du Sud-États-Unis publiée en novembre dernier, suite au sommet entre le président Lee Jae Myung et Donald Trump.
Durant son bref passage à Séoul, Kim s’est distingué par sa capacité à coordonner les échanges entre les responsables coréens et américains, en particulier sur les questions liées à la Corée du Nord et à la stratégie régionale indo-pacifique. Il a également contribué à renforcer les consultations régulières avec le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’Unification.
L’administration Trump n’a pas encore nommé d’ambassadeurs dans une cinquantaine de pays, dont des alliés importants comme l’Allemagne, l’Australie et le Danemark. Sous le premier mandat de Trump, il avait fallu 17 mois avant que Harry Harris ne soit nommé ambassadeur à Séoul. La nomination de Goldberg, quant à elle, avait eu lieu un an après l’arrivée de l’administration Biden. Toutes les nominations d’ambassadeurs nécessitent la confirmation du Sénat américain.
Les difficultés à trouver un ambassadeur permanent pour la Corée du Sud pourraient persister. « Plusieurs candidats potentiels ont été évoqués, mais il n’est pas facile de trouver quelqu’un possédant une expertise solide sur la Corée du Nord et la Chine, ainsi qu’une bonne compréhension de la politique étrangère de Trump et de la stratégie de coordination de l’alliance indo-pacifique », a confié une source diplomatique.