Home MondeL’amiral qui dirigeait les troupes américaines en Amérique latine a transféré le commandement et on prétend qu’il a été renvoyé.

L’amiral qui dirigeait les troupes américaines en Amérique latine a transféré le commandement et on prétend qu’il a été renvoyé.

by Clara Dubois

Publié le 12 décembre 2025 à 18h38. Le commandant du Commandement Sud des États-Unis, l’amiral Alvin Holsey, a pris sa retraite de manière anticipée dans un contexte de tensions croissantes avec le Venezuela et de durcissement de la politique américaine en matière de lutte contre le trafic de drogue dans les Caraïbes. Son départ soudain intervient après des désaccords avec le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, sur la stratégie à adopter dans la région.

  • L’amiral Holsey a quitté ses fonctions deux ans avant la fin de son mandat.
  • Son départ fait suite à des tensions avec le secrétaire à la Défense concernant la stratégie militaire dans la région.
  • Le lieutenant-général Evan Pettus a été nommé commandant par intérim du Commandement Sud.

La retraite de l’amiral Holsey, annoncée vendredi, survient alors que l’administration Trump intensifie sa pression sur le gouvernement vénézuélien de Nicolás Maduro, accusé de trafic de drogue. Cette pression s’est concrétisée par la saisie, mercredi, d’un pétrolier transportant du pétrole vénézuélien, une première sous les sanctions américaines en vigueur depuis 2019. Les garde-côtes américains se préparent à intercepter d’autres navires transportant du pétrole vénézuélien, selon des sources proches du dossier.

Trois responsables américains et deux sources proches du dossier ont révélé à l’agence Reuters que l’amiral Holsey a été relevé de ses fonctions par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Deux de ces sources ont précisé que Hegseth était frustré par la réponse du Commandement Sud à ses tentatives d’approfondir les opérations et la planification militaire américaine dans la région. La possibilité d’un remplacement de Holsey avait été évoquée il y a environ deux semaines, avant l’annonce de son départ.

Lors d’une réunion à huis clos avec des législateurs mardi, l’amiral Holsey a affirmé que sa décision de prendre sa retraite n’était pas liée aux opérations menées sous son commandement, selon le législateur républicain Mike Rogers, cité par Politico. Cependant, des sources indiquent que certains responsables ont émis l’hypothèse qu’il s’était opposé aux récentes opérations américaines contre les navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes.

L’amiral Holsey a officiellement transmis le commandement au lieutenant-général de l’Air Force Evan Pettus lors d’une cérémonie vendredi matin. Pettus est désormais le chef par intérim du Commandement Sud des États-Unis. « Je suis honoré d’assumer ce poste de commandant par intérim du Commandement Sud des États-Unis », a-t-il déclaré lors de la cérémonie organisée au quartier général de la force à Doral, en Floride.

Pettus, qui était jusqu’à présent commandant des forces aériennes du Commandement Sud, supervisera le renforcement militaire dans les Caraïbes et les opérations controversées contre les trafiquants de drogue présumés. L’administration Trump envisage de nommer le lieutenant-général Frank Donovan, vice-commandant du Commandement des opérations spéciales des États-Unis, comme successeur permanent de Holsey, bien que cette nomination ne soit pas encore officielle.

La retraite anticipée de Holsey n’est pas sans précédent. En 2008, l’amiral William Fallon, commandant du Commandement central, avait également pris sa retraite un an après avoir pris ses fonctions, suite à des désaccords avec l’administration de George Bush sur l’Iran et d’autres questions.

Le départ de Holsey s’inscrit dans un contexte plus large de départs de hauts fonctionnaires depuis l’arrivée de Hegseth au Pentagone, notamment celui du président des chefs d’état-major interarmées et de l’officier de marine le plus haut gradé. Ces départs interviennent alors que l’administration Trump semble opérer un changement significatif dans sa politique étrangère, avec notamment la réaffirmation de la doctrine Monroe du XIXe siècle, qui considérait l’hémisphère occidental comme une zone d’influence de Washington. Un document stratégique publié cette semaine appelle d’ailleurs à raviver cette doctrine.

Les opérations militaires américaines contre les trafiquants de drogue présumés font l’objet d’un examen minutieux suite à la deuxième attaque lancée le 2 septembre contre un navire suspecté de trafic de drogue dans les Caraïbes. Le Manuel du droit de la guerre du ministère de la Défense interdit d’attaquer des combattants incapables de se défendre, et cite les tirs sur des survivants de naufrages comme un ordre « clairement illégal ». L’administration Trump justifie ces opérations en les présentant comme une guerre contre les cartels de la drogue, responsables, selon elle, de la mort de nombreux Américains.

Agences Reuters et AFP

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