Publié le 10 décembre 2025 à 20h16. L’ancien président bolivien Luis Arce a été arrêté ce mercredi à La Paz, une action dénoncée par son ancienne ministre de la Présidence comme un « enlèvement illégal », dans le cadre d’une enquête sur le Fonds indigène.
- L’ancien président Luis Arce Catacora a été arrêté à La Paz par la Force spéciale de lutte contre le crime (Felcc).
- L’arrestation a été qualifiée d'”enlèvement totalement illégal” par María Nela Prada, ancienne ministre de la Présidence.
- L’affaire est liée à une enquête sur le Fonds indigène et intervient après la libération de figures politiques impliquées dans le procès du coup d’État de 2019.
L’arrestation de l’ancien président bolivien Luis Arce, qui a quitté ses fonctions en novembre dernier, a suscité une vive réaction de son entourage. María Nela Prada, son ancienne ministre de la Présidence, a publiquement dénoncé cette opération, la qualifiant d’« enlèvement totalement illégal ». Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, elle a précisé que M. Arce avait été appréhendé seul, sans information officielle ni présence de membres de sa famille.
« Je veux dénoncer devant le peuple bolivien et devant la communauté internationale qu’ils viennent d’enlever il y a un instant l’ancien président Luis Alberto Arce Catacora, par Sopocachi. »
María Nela Prada, ancienne ministre de la Présidence
Selon les premières informations, l’ancien président a été transféré au siège de la Force spéciale de lutte contre le crime (Felcc). L’opération semble avoir été menée sans respecter les procédures habituelles, selon les allégations de l’ancienne ministre.
Le ministre du Gouvernement (Intérieur), Marco Antonio Oviedo, a déclaré que les autorités considèrent Luis Arce comme le principal responsable dans l’affaire du Fonds indigène. Le procureur général de l’État, Roger Mariaca, a indiqué que l’ancien président a choisi de garder le silence lors de son interrogatoire et qu’il restera en détention policière en attendant son audience de mise en accusation.
L’arrestation intervient dans le contexte d’une enquête plus large sur le Fonds indigène, relancée cette semaine avec l’arrestation de l’ancienne députée Lidia Patty, figure clé du procès relatif au coup d’État de 2019 et aux massacres de Sacaba et Senkata. Rappelons que suite aux élections législatives d’août dernier, la Cour suprême de justice a ordonné la libération de Jeanine Áñez, du gouverneur de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho, et de Marco Antonio Pumari, principaux accusés dans ce procès.
Des témoins rapportent que l’arrestation s’est déroulée vers 15 heures (heure locale) et que l’ancien président a été emmené dans une camionnette blanche. Les forces de l’ordre locales affirment qu’il a réagi avec calme à son arrestation.
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