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L’anesthésie générale s’avère sûre et efficace pour la césarienne

Publié le 16 novembre 2023 15:06:00. Une étude de l'Université de Pennsylvanie remet en question les idées reçues sur l'anesthésie générale lors des césariennes, la jugeant aussi sûre et efficace que les techniques régionales, et souligne l'importance d'offrir…

L’anesthésie générale s’avère sûre et efficace pour la césarienne

Publié le 16 novembre 2023 15:06:00. Une étude de l’Université de Pennsylvanie remet en question les idées reçues sur l’anesthésie générale lors des césariennes, la jugeant aussi sûre et efficace que les techniques régionales, et souligne l’importance d’offrir aux patientes un choix éclairé.

  • Une étude de l’Université de Pennsylvanie a révélé que l’anesthésie générale pendant une césarienne est sûre et efficace pour la mère et le bébé.
  • Jusqu’à un patient sur six recevant une anesthésie rachidienne ou péridurale a signalé des douleurs pendant la césarienne.
  • Les taux d’admission en unité de soins intensifs néonatals (USIN) ne différaient pas selon le type d’anesthésie utilisé.

Les inquiétudes concernant les effets potentiellement néfastes de l’anesthésie générale sur les nouveau-nés lors d’une césarienne sont largement infondées, selon une recherche menée par l’École de médecine Perelman de l’Université de Pennsylvanie. Publiées dans la revue Anesthésiologie,1 les conclusions de cette étude pourraient modifier les pratiques et les discussions autour de la gestion de la douleur pendant les accouchements par césarienne.

L’étude, basée sur l’analyse de trente années de données cliniques issues de plusieurs essais, compare l’anesthésie générale à l’anesthésie rachidienne ou péridurale. Si les techniques régionales sont généralement considérées comme sûres, les chercheurs ont constaté qu’un patient sur six (17 % en moyenne) signalait ressentir de la douleur pendant la procédure, malgré l’administration d’un bloc rachidien ou péridural. La douleur signalée variait de 14 % avec une rachianesthésie à 33 % avec un complément péridural.2

« Aucun patient ne devrait souffrir pendant une césarienne. En tant qu’anesthésiste, je ne veux jamais qu’une femme se sente obligée de choisir entre la santé de son bébé et l’absence de douleur chirurgicale. »

Mark Neuman, MD, MSc, professeur d’anesthésiologie Horatio C. Wood

Contrairement aux craintes répandues, l’étude n’a pas révélé de différence significative dans les scores Apgar des nouveau-nés entre les femmes ayant bénéficié d’une anesthésie générale et celles ayant reçu une anesthésie régionale. De plus, les taux d’admission en unité de soins intensifs néonatals (USIN) étaient similaires dans les deux groupes.

Les chercheurs soulignent qu’il ne s’agit pas de recommander le remplacement des techniques régionales, mais plutôt de reconnaître que l’anesthésie générale constitue une option valable, et qu’il est essentiel d’en discuter ouvertement avec les patientes.

« Pour les patientes ouvertes à l’anesthésie régionale, le bloc rachidien ou péridural restent d’excellentes options de premier choix. Mais il ne faut pas hésiter à aborder avec les patientes la possibilité d’une anesthésie générale. Elles méritent de connaître toutes les options qui s’offrent à elles. »

Mark Neuman, MD, MSc, professeur d’anesthésiologie Horatio C. Wood

Au-delà de la gestion de la douleur immédiate, d’autres recherches mettent en lumière l’impact à long terme d’une césarienne sur la santé des mères. Une étude récente, évoquée par Moe Takenoshita, MBBCh, chercheur postdoctoral à Stanford Medicine dans OB/GYN contemporain,3 a établi un lien entre les difficultés de récupération post-césarienne – notamment la douleur et les troubles du sommeil – et des conséquences sur la santé et le bien-être maternels à long terme.

Les entretiens menés auprès des patientes ont révélé que la douleur intense et persistante après une césarienne affectait leur capacité à fonctionner au quotidien et à bénéficier d’un sommeil réparateur. Bien que la douleur ne soit pas le seul facteur en cause, elle semble jouer un rôle majeur dans les troubles du sommeil post-partum. Selon Takenoshita, une mauvaise qualité du sommeil après l’accouchement peut entraîner des troubles de l’humeur, une diminution du fonctionnement quotidien et un risque accru de complications cardiovasculaires. Il est donc crucial de proposer des traitements efficaces et fondés sur des données probantes pour améliorer la récupération post-partum.

« J’encouragerais toute personne en difficulté… à en parler à son médecin traitant, car elle pourrait souffrir d’un trouble du sommeil traitable et avoir accès à des soins. »

Moe Takenoshita, MBBCh, chercheur postdoctoral à Stanford Medicine


1 https://www.asahq.org/made-for-this-moment/news/general-anesthesia-found-safe-and-effective-for-c-sections
2 Données issues de l’étude originale.
3 https://www.obgyn.net/postpartum-sleep-disorders-linked-to-long-term-health-impacts

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.