Publié le 1er janvier 2026 à 16h31. L’Arabie saoudite a atteint un nouveau record d’exécutions en 2025, avec 356 personnes condamnées à mort, principalement pour des infractions liées au trafic de drogue, soulevant des inquiétudes quant au respect des droits de l’homme dans le royaume.
- Le nombre d’exécutions en Arabie saoudite a atteint un record de 356 en 2025, dépassant le précédent record de 338 enregistré en 2024.
- Plus des deux tiers des exécutions (243) étaient liées à des affaires de drogue, marquant une augmentation significative par rapport à l’année précédente.
- Des organisations de défense des droits humains dénoncent une intensification de la répression et mettent en doute les promesses de réformes du royaume.
L’Arabie saoudite a franchi un cap alarmant en matière de peines capitales en 2025, avec un nombre d’exécutions sans précédent depuis le début des relevés par Amnesty International en 1990. Selon un décompte de l’Agence France-Presse basé sur des données officielles, 356 personnes ont été exécutées au cours de l’année, un chiffre supérieur au record de 338 établi en 2024.
Mercredi, trois citoyens saoudiens ont été exécutés pour des « crimes terroristes », selon l’agence de presse saoudienne (SPA). Ces exécutions portent le total annuel à 356, dont 40 pour des affaires liées au terrorisme.
L’augmentation spectaculaire du nombre d’exécutions est principalement due à une intensification de la lutte contre le trafic de drogue, lancée par les autorités saoudiennes en 2023. Le royaume est confronté à une consommation croissante de captagon, une forme de méthamphétamine, et est considéré comme l’un des principaux marchés de cette substance au Moyen-Orient, selon les Nations Unies.
En 2025, 243 personnes ont été exécutées pour des infractions liées à la drogue, représentant plus des deux tiers de toutes les exécutions et plus du double du nombre enregistré en 2024 (117).
Les autorités saoudiennes justifient ces peines sévères par la nécessité de « rétablir la sécurité » et de « lutter contre les drogues de toutes sortes », affirmant que les condamnés ont épuisé tous les recours possibles. Cependant, les organisations de défense des droits humains dénoncent une justice expéditive et un manque de transparence dans les procédures.
Doaa Dhaini, chercheuse à l’Organisation saoudienne des droits de l’homme, basée à Berlin, a déclaré :
« Battre des records chaque année est une insistance officielle à recourir à la punition et prouve également que les promesses concernant les réformes des droits de l’homme n’ont aucune valeur »
Doaa Dhaini, chercheuse à l’Organisation saoudienne des droits de l’homme
L’organisation qu’elle représente a également souligné que, pour la première fois, l’Arabie saoudite a exécuté plus de ressortissants étrangers que de citoyens saoudiens, et que deux personnes ont été exécutées pour des crimes commis alors qu’elles étaient mineures.
Parmi les étrangers exécutés, on compte 39 Somaliens, 35 Pakistanais, 35 Éthiopiens et 25 Égyptiens. Au total, 200 étrangers ont été exécutés en 2025, dont 188 pour des affaires liées à la drogue.
Les organisations de défense des droits humains estiment que ces exécutions sapent les efforts du royaume pour améliorer son image internationale après des décennies d’isolement et d’extrémisme. Elles craignent également que ces peines ne servent de message d’intimidation à l’égard des travailleurs migrants, des mineurs et des opposants politiques.
Fin 2022, l’Arabie saoudite avait repris l’application de la peine de mort pour les crimes liés à la drogue, après une suspension d’environ trois ans.
