Publié le 17 janvier 2024 14:53:00. Le gouvernement argentin de Javier Milei met en œuvre une nouvelle phase de son programme économique, axée sur l’accumulation de réserves internationales et l’ajustement progressif des taux de change, une stratégie scrutée de près par les investisseurs et le Fonds monétaire international (FMI).
- Dès janvier 2026, les fourchettes de change seront ajustées mensuellement en fonction de l’inflation.
- Les marchés financiers ont réagi positivement, avec une hausse des obligations argentines et une diminution du risque pays.
- Le gouvernement espère ainsi éviter une fuite des capitaux et une dévaluation brutale du peso.
Buenos Aires – Le gouvernement argentin, dirigé par Javier Milei, a entamé cette semaine une nouvelle étape cruciale de son programme monétaire. L’objectif principal : renforcer les réserves internationales du pays, une demande récurrente des investisseurs internationaux et du FMI. Cette stratégie implique une modification progressive des mécanismes de change actuellement en place, suscitant l’attention des analystes quant à l’ampleur réelle de ces changements.
Selon le Groupe Financier Adcap, la dernière pièce manquante de ce plan, qui prendra effet en janvier 2026, serait la suppression des contrôles de capitaux encore en vigueur.
À partir du 1er janvier 2026, les fourchettes de change qui encadrent les taux du dollar et du peso seront ajustées chaque mois en fonction des données d’inflation. Cette annonce a immédiatement eu un impact sur le marché local, entraînant une appréciation du dollar. Parallèlement, les obligations argentines ont progressé sur les marchés internationaux et le risque pays a diminué, signalant l’approbation des investisseurs étrangers.
Éviter une fuite des capitaux et une forte dévaluation
Les économistes locaux prévoient une inflation comprise entre 20 et 25 % en Argentine d’ici 2026. La maîtrise du déficit budgétaire et l’augmentation des revenus d’exportation devraient favoriser l’afflux de dollars dans l’économie, contribuant ainsi à reconstituer les réserves du pays. La Banque centrale, qui soutient le peso face au dollar depuis deux ans, se voit donc dotée de nouveaux outils pour mener à bien cette mission.
Fort d’une large majorité au Congrès, le président Milei et son gouvernement maintiennent le cap : éviter une dévaluation massive tout en honorant progressivement leurs engagements envers les créanciers et le FMI.
Dans une première analyse, les experts de Banque Mariva se montrent optimistes quant à la capacité de ce nouveau plan à éviter une flambée de l’inflation, mais sous certaines conditions : le maintien d’un excédent budgétaire et la poursuite d’une politique monétaire restrictive.
« Premièrement, il est essentiel de maintenir un excédent budgétaire. L’élimination de la monétisation du déficit et la stabilisation de la dette publique permettraient de répondre à la demande de passif monétaire par la vente d’actifs du secteur privé à la banque centrale, facilitant ainsi l’accumulation de réserves internationales sans exercer de pressions inflationnistes. Deuxièmement, il est crucial de maintenir une politique monétaire restrictive pour éviter de devoir stériliser les augmentations de la base monétaire si la croissance de la demande de monnaie est inférieure aux projections de la banque centrale. »
Analystes de Banque Mariva
Les premières analyses suggèrent que cette nouvelle phase du plan gouvernemental de Javier Milei représente un changement modeste mais progressif, un geste destiné à rassurer les investisseurs internationaux et à gagner du temps.
Projections des réserves internationales
Cohen, dans son premier rapport sur ce changement de politique, analyse l’évolution des réserves et leur situation actuelle : « Dans le scénario de base, la BCRA (Banque centrale de la République argentine) prévoit une augmentation de la base monétaire de 4,2 % à 4,8 % du PIB (Produit Intérieur Brut) d’ici décembre 2026, ce qui correspond à des achats de réserves pouvant atteindre 10 milliards de dollars. Le montant quotidien des interventions sera aligné sur une participation pouvant aller jusqu’à 5 % du volume négocié, qui s’élève actuellement à environ 400 millions de dollars par jour, afin de préserver le bon fonctionnement du marché. »
Le 9 janvier 2026, le Trésor argentin devra rembourser le principal et les intérêts sur les obligations Bonar (régies par le droit argentin) et Mondial (régies par le droit étranger), pour un montant total d’environ 4,2 milliards de dollars. Les réserves actuelles du gouvernement sont estimées à environ 1,5 milliard de dollars. Pour faire face à ce défi, le gouvernement Milei pourrait recourir à un prêt adossé à des obligations (REPO) auprès des banques internationales. Il a également mis en place un accord de swap de devises avec le Trésor américain.
