À partir du 26 octobre 2026, l’armée américaine interdit l’accès de ses bases militaires au Japon aux véhicules de la marque chinoise BYD, invoquant des risques inacceptables pour la sécurité et le personnel selon un porte-parole cité par Caradisiac. Cette mesure stricte frappe la base aérienne de Kadena, située sur l’île d’Okinawa où se concentre la moitié des près de 60 000 soldats américains déployés dans l’archipel nippon, d’après Franceinfo.
Des capteurs embarqués qui surveillent les bases
Les véhicules électriques modernes intègrent de nombreux équipements connectés, tels que des caméras à 360 degrés, des capteurs à ultrasons et des systèmes LIDAR qui aident à la navigation. Pour l’armée américaine, ces dispositifs technologiques font craindre des prises de vues ou des enregistrements de mouvements non intentionnels autour d’équipements de pointe, d’avions de chasse et de batteries de missiles présents sur les sites sensibles, rapporte Franceinfo.
Shen Ming-shih, chercheur à l’Institut pour la recherche sur la défense et la sécurité nationales à Taiwan, souligne que ces automobiles connectées peuvent scanner l’environnement des bases et consigner des coordonnées précises, ainsi que l’indique The Epoch Times. L’examen des flux de données renforce ces inquiétudes. Lors d’une audition parlementaire au Royaume-Uni en juin 2026, Tor Indstoy, responsable de l’initiative de recherche Project Lion Cage, a indiqué que les tests menés sur une voiture électrique chinoise ont montré qu’environ 90 pour cent des données sortantes étaient acheminées vers un serveur géré par Tencent Cloud à Beijing, avant d’être redirigées vers Frankfurt après une reprogrammation, d’après The Epoch Times.

Par ailleurs, un test de sécurité mené en Norvège sur un bus électrique de marque Yutong a démontré qu’il était théoriquement possible de neutraliser le véhicule à distance par le biais d’un système de mise à jour logicielle relié aux commandes de la batterie, selon la même source.
L’élargissement des restrictions et la liste noire américaine
La décision prise à Okinawa s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large aux États-Unis. Le Bureau of Industry and Security du département du Commerce américain a ainsi retiré à Polestar, marque appartenant au groupe chinois Geely, le droit de commercialiser ses véhicules sur le sol américain à compter de l’année 2027, comme le rappelle Caradisiac. La liste fédérale recensant les entités soupçonnées de coopérer avec l’armée chinoise, connue sous le nom de liste 1260H, inclut d’ores et des constructeurs tels que BYD et Nio, mais aussi des fournisseurs de batteries de premier plan comme CATL, EVE et CALB, ainsi que des fabricants de capteurs à l’instar de Robosense et Hesai.
D’autres nations emboîtent le pas à cette politique de précaution. La Pologne et Israël ont également banni les véhicules électriques chinois de leurs installations militaires, invoquant des craintes similaires d’opérations d’espionnage, d’après Franceinfo. En Norvège, le ministère de la Défense a confirmé le 20 octobre 2026 que l’armée n’avait pas réalisé d’évaluation spécifique des risques liés à l’utilisation de voitures de location chinoises lors d’un exercice militaire en septembre, bien qu’une évaluation générale des menaces numériques ait été menée, rapporte The Epoch Times.
Le cadre juridique et les réactions institutionnelles
Shen Ming-shih et l’économiste politique Davy Jun Huang rappellent que la législation chinoise impose aux citoyens et aux entreprises de collaborer avec les services de renseignement nationaux, ce qui complique l’évaluation des risques pour les pays occidentaux, selon The Epoch Times. En Europe, le député européen François Kalfon a également interpellé les institutions le 4 novembre 2026 sur les menaces potentielles liées à l’utilisation de ces technologies connectées, d’après Wn.
Il s’agit d’une crise mondiale. Son cœur n’est pas seulement la concurrence commerciale ou le protectionnisme économique, mais avant tout la sécurité nationale, la souveraineté des données et la peur profonde d’un « cheval de Troie » invisible,
Davy Jun Huang, économiste politique et ancien chroniqueur pour CNTV
L’expert souligne que la prolifération rapide de ces technologies connectées exige des réponses réglementaires internationales urgentes et coordonnées pour sauvegarder les infrastructures essentielles.