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L’Asie du Sud-Est est en tête des cas de tuberculose dans le monde : l’OMS appelle à une action rapide pour combler les lacunes et accélérer les progrès

Publié le 2024-11-21 14:35:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur le fait que la région d’Asie du Sud-Est est loin d’atteindre ses objectifs de lutte contre la tuberculose (TB) malgré des avancées notables, appelant à une…

Publié le 2024-11-21 14:35:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur le fait que la région d’Asie du Sud-Est est loin d’atteindre ses objectifs de lutte contre la tuberculose (TB) malgré des avancées notables, appelant à une intensification urgente des efforts.

  • En 2024, 10,7 millions de personnes ont développé la tuberculose, entraînant 1,23 million de décès dans le monde.
  • La région d’Asie du Sud-Est, qui représente moins d’un quart de la population mondiale, concentre plus d’un tiers des nouveaux cas de TB.
  • Bien que l’incidence de la TB ait diminué de 16 % depuis 2015 dans la région, la baisse de la mortalité est trop lente et l’incidence reste supérieure à la moyenne mondiale.

La lutte contre la tuberculose reste un défi majeur de santé publique en Asie du Sud-Est, où la maladie frappe particulièrement les populations les plus vulnérables. Selon le rapport mondial sur la tuberculose 2025 de l’OMS, 10,7 millions de personnes ont développé la maladie et 1,23 million en sont décédées l’année dernière. La région, qui abrite moins d’un quart de la population mondiale, concentre de manière disproportionnée plus d’un nouveau cas sur trois, une situation préoccupante qui nécessite une action immédiate.

Si la région a enregistré une réduction de l’incidence de la tuberculose de 16 % depuis 2015 – un rythme légèrement supérieur à la moyenne mondiale de 12 % – la diminution du nombre de décès reste insuffisante. Le taux d’incidence, qui s’élève à 201 cas pour 100 000 habitants, est significativement plus élevé que la moyenne mondiale de 131. La tuberculose pharmacorésistante, avec 150 000 nouveaux cas estimés en 2024, constitue également une menace persistante.

« La tuberculose continue de menacer la sécurité sanitaire et le développement dans toute la région de l’Asie du Sud-Est, frappant plus durement les plus pauvres »,

Dr Catharina Boehme, responsable de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est

Malgré ces défis, des progrès notables ont été réalisés. La couverture thérapeutique dépasse désormais 85 %, et les taux de réussite du traitement figurent parmi les plus élevés au monde. Le traitement préventif pour les personnes vivant avec le VIH et leurs contacts familiaux a également connu une expansion significative, dépassant les moyennes mondiales.

La dénutrition et le diabète demeurent des facteurs de risque majeurs, contribuant à près de 850 000 nouveaux cas chaque année. De plus, près de la moitié des familles touchées par la tuberculose (44 %) sont confrontées à des dépenses de santé catastrophiques, tandis que le financement des programmes de lutte contre la maladie stagne, compromettant les acquis.

La situation varie considérablement d’un pays à l’autre. Le Myanmar et le Timor-Leste affichent les taux d’incidence les plus élevés, avec environ 480 à 500 cas pour 100 000 habitants, les plaçant parmi les pays les plus touchés au monde. Le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, le Népal et la Thaïlande présentent des taux d’incidence allant de 146 à 269 pour 100 000, témoignant d’une baisse régulière, mais trop lente. Le Sri Lanka et les Maldives affichent des taux d’incidence plus faibles, respectivement de 50 à 99 et de 10 à 49 cas pour 100 000 habitants. En termes de nombre absolu de cas, l’Inde compte environ 2,71 millions de personnes atteintes de tuberculose, suivie du Bangladesh (384 000), du Myanmar (263 000), de la Thaïlande (104 000) et du Népal (67 000).

Certains pays montrent des signes encourageants. Le Bangladesh, l’Inde et la Thaïlande ont notifié une proportion plus importante des cas estimés, réduisant ainsi les lacunes en matière de détection. La mortalité liée à la tuberculose a également montré des signes d’amélioration dans plusieurs États membres, notamment au Bangladesh, au Bhoutan, en Inde, au Népal et en Thaïlande, grâce à la reprise des services essentiels de lutte contre la maladie après la pandémie de COVID-19.

L’OMS insiste sur la nécessité de protéger et d’étendre les services essentiels de lutte contre la tuberculose, de les intégrer aux soins de santé primaires et de renforcer la protection sociale par le biais de programmes de nutrition, de transferts monétaires et d’aide au transport. L’investissement dans les communautés, l’innovation et les outils numériques sera crucial pour combler les lacunes restantes.

« La région de l’Asie du Sud-Est a montré que le progrès est possible grâce au leadership, à l’innovation et à la collaboration, mais les progrès doivent désormais s’accélérer »,

Dr Catharina Boehme, responsable de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est

« Nous disposons des outils nécessaires pour mettre fin à la tuberculose. Le moment est venu d’agir de manière décisive », conclut le Dr Boehme.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.