Publié le 4 janvier 2026 à 13h05. Une opération militaire américaine à Caracas a conduit à la capture de Nicolás Maduro, accusé de narcoterrorisme, ouvrant une crise géopolitique et soulevant des questions sur l’avenir des vastes réserves pétrolières du Venezuela.
- Le président vénézuélien Nicolás Maduro a été capturé et devrait être jugé aux États-Unis pour narcoterrorisme.
- Washington justifie cette intervention par la lutte contre le « narcoterrorisme » et le trafic de migrants, tandis que Caracas dénonce une volonté de contrôler ses ressources pétrolières.
- Malgré les plus importantes réserves de pétrole au monde (300 milliards de barils), l’impact immédiat sur le marché mondial est jugé limité en raison de l’état délabré des infrastructures vénézuéliennes.
Les États-Unis ont annoncé une opération à grande échelle à Caracas qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro, le président vénézuélien. Les autorités américaines l’accusent de narcoterrorisme et prévoient de le juger devant un tribunal américain à partir de 2020, selon des déclarations du secrétaire d’État Marco Rubio. Washington a également annoncé la préparation d’un plan « paix, liberté et justice » pour le Venezuela, laissant entrevoir une volonté de restructuration politique du pays.
Selon des sources proches de l’administration américaine, le succès de cette opération serait dû à une coopération discrète de certaines élites vénézuéliennes avec Washington. Le régime de Caracas, pour sa part, dénonce une tentative de prise de contrôle des immenses réserves pétrolières du pays, estimées à 300 milliards de barils, surpassant celles de l’Arabie Saoudite (environ 270 millions de barils).
Le rôle spécifique du Venezuela sur le marché pétrolier mondial
Cette intervention intervient dans un contexte de faiblesse des prix du pétrole brut. Vendredi, avant l’opération, le baril de pétrole brut WTI était coté à 57,3 dollars, soit une baisse de près de 22 % par rapport à il y a un an. Les prix n’avaient pas atteint un niveau aussi bas depuis le début de 2021, lorsque l’économie mondiale sortait des confinements liés à la pandémie.
— Même si le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, son importance actuelle pour le marché mondial reste négligeable. La production a certes augmenté, passant de 300 000 barils par jour en 2020 à environ 1 million actuellement, mais elle reste loin des 3 millions de barils produits à la fin des années 1990. L’effondrement du secteur est le résultat des sanctions, du manque d’investissements et des dépenses sociales excessives, explique Michał Stajniak, directeur adjoint du département d’analyse de XTB.
Il ajoute que même si la compagnie pétrolière PDVSA affirme maintenir sa production, les infrastructures sont dans un état déplorable et nécessitent des investissements de plusieurs milliards de dollars, ce qui est impossible compte tenu des prix actuels du pétrole. — Indépendamment de la situation au Venezuela, le marché pétrolier devrait connaître un excédent d’offre important en 2026, et la Russie, ainsi que d’éventuelles nouvelles tentatives de paix en Ukraine, seront des facteurs bien plus déterminants. — note l’expert.
Il est important de souligner la distinction entre les « réserves prouvées » et les « réserves récupérables ». Le Venezuela ne figure pas parmi les plus gros producteurs (environ 1,5 million de barils par an contre 11 millions pour les États-Unis, en tête du classement). De plus, la majorité des ressources vénézuéliennes sont constituées de pétrole lourd et extra-lourd, difficile à extraire et à transporter en raison de sa densité et de sa composition chimique.
Son extraction et son raffinage nécessitent des technologies avancées, des quantités considérables d’énergie et un mélange avec des fractions plus légères pour faciliter son transport par pipelines. Le raffinage est également plus coûteux et nécessite des investissements importants dans des raffineries, ce que le pays, en proie à une crise profonde, ne peut se permettre. Le Venezuela, qui représentait plus de 7 % de l’approvisionnement mondial en pétrole dans les années 1970, n’en fournit aujourd’hui qu’environ 1 %.
Les conducteurs paieront-ils plus cher dans les stations-service ?
— Donald Trump a annoncé la récupération des actifs pétroliers américains, ce qui pourrait théoriquement augmenter la production à moyen terme et renforcer le rôle des États-Unis en tant qu’importateur de pétrole lourd. Cependant, ce processus sera coûteux et prendra du temps. La réaction des marchés à l’ouverture de lundi pourrait se traduire par une hausse des prix du pétrole de plusieurs pour cent, mais elle sera probablement de courte durée, comme lors des précédentes crises géopolitiques liées à la Russie ou à l’Iran. Cet événement ne devrait pas affecter les prix du carburant dans notre pays, estime Michał Stajniak.
L’intervention américaine dans les affaires intérieures du Venezuela a été vivement condamnée par la Chine, la Russie, Cuba et l’Iran. — À moins que ces pays ne prennent des mesures de représailles spécifiques, l’impact sur les marchés financiers mondiaux devrait rester limité. Toutefois, le principal risque réside dans la stabilité du transfert de pouvoir. Une éventuelle résistance interne pourrait prolonger l’incertitude géopolitique — ajoute l’expert de XTB.