Home NouvellesSe propager nuit et jour : Ruud et son équipe travaillent de longues journées

Se propager nuit et jour : Ruud et son équipe travaillent de longues journées

by Nicolas Lefèvre

Publié le 4 janvier 2024 à 10h15. Après une trêve hivernale, les équipes de déneigement du Brabant-Septentrional sont de nouveau en action, confrontées à des conditions météorologiques difficiles et à des journées de travail exceptionnellement longues.

Les épandeurs de sel sont actuellement très sollicités. Ruud Jacobs, basé à Eindhoven, et son équipe ont repris le travail après une pause forcée due au redoux. Le réveil sonne à 4 heures du matin, et les journées peuvent s’étendre jusqu’à 18 heures. « Je verrai quand je pourrai me reposer », confie-t-il avec un sourire fatigué.

Ce samedi après-midi, alors que son équipe s’apprête à déjeuner, Ruud décrit une situation intense. « C’est intense et un peu épuisant », reconnaît-il. L’équipe a débuté ses opérations à 4 heures du matin sur le Woensesse Markt, et le dernier passage est prévu pour 22 heures. « Il faut donc s’adapter et faire des concessions sur sa vie personnelle », explique-t-il.

Malgré la difficulté de la tâche, Ruud et ses collègues considèrent leur travail comme un privilège. « Quand c’est aussi stimulant qu’aujourd’hui, ça devient excitant », dit-il. Il se positionne comme le chef d’orchestre, supervisant l’ensemble des épandeurs et des chasse-neige. « Ils peuvent désormais anticiper les itinéraires, mais ça reste amusant, car nous partageons tous la même passion. Il faut avoir l’envie et la capacité de continuer aussi longtemps. Cela crée un sentiment de solidarité. D’autres partent chaque année aux sports d’hiver, mais ce sont nos sports d’hiver », plaisante-t-il.

« C’est une sorte de violence positive. »

Ruud Jacobs, épandeur de sel

Mais qu’est-ce qui motive ces professionnels à s’investir autant ? Ruud évoque un rêve d’enfant, une fascination pour les gros camions et la puissance des machines. « Quand on ajoute une lame de chasse-neige, c’est une sorte de violence positive », explique-t-il, soulignant la satisfaction de voir des résultats rapides grâce à un travail acharné et une technologie de pointe. L’adrénaline et le sentiment d’être plongé dans une bulle dédiée à la météorologie et à la logistique contribuent également à leur motivation.

Ruud admet que la situation actuelle n’est pas idéale. « Le scénario parfait serait d’avoir un travail relativement facile lors d’une forte averse, et de voir la route redevenir noire derrière nous. Mais en ce moment, la neige continue de tomber », déplore-t-il. Les itinéraires, qui durent généralement trois heures, semblent moins efficaces, car la route se recouvre rapidement d’une nouvelle couche de neige.

« Si on devait faire ça tous les jours, on deviendrait fou. »

Ruud Jacobs, épandeur de sel

Cependant, cela ne doit pas gâcher le plaisir. Les jours où l’équipe peut prendre la route sont perçus comme une véritable magie. « On verra si nous devons repartir à 16 heures ce soir », indique Ruud, dont le réveil est réglé sur une heure matinale, quoi qu’il arrive. « Je surveille l’état des systèmes et les prévisions. Avec l’expérience, on finit par savoir intuitivement quand il faut repartir. Pour nous, un risque de 60 % de réussite ne suffit pas. L’expérience est primordiale. »

En conclusion, Ruud confie que chaque intervention est synonyme d’adrénaline. « Ce matin, j’ai eu du mal à me rappeler quel jour on était. Si on devait faire ça tous les jours, on deviendrait fou », conclut-il avec un sourire.

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