Publié le 8 novembre 2023 14h35. La Chine s’est lancée dans une ambitieuse course contre le temps pour vaincre le vieillissement, investissant massivement dans la biotechnologie et la recherche sur la longévité, avec des objectifs qui suscitent à la fois fascination et controverse.
- La Chine investit des milliards de dollars dans la biotechnologie, l’intelligence artificielle et la science du vieillissement.
- Des entreprises développent des pilules anti-âge à base d’extraits de pépins de raisin, avec des promesses audacieuses concernant l’éradication du cancer.
- Un projet gouvernemental secret, le « Projet de santé des dirigeants 981 », viserait à prolonger la durée de vie des hauts fonctionnaires jusqu’à 150 ans.
L’obsession chinoise pour l’immortalité remonte à l’Antiquité, mais elle prend aujourd’hui une forme nouvelle, alimentée par la prospérité économique et le soutien étatique. Le premier empereur de Chine, Qin Shi Huang, avait déjà cherché en vain des élixirs de longue vie il y a plus de deux millénaires, succombant finalement à l’âge de 49 ans, peut-être à cause de traitements à base de mercure.
Récemment, une conversation entre le président chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine sur la possibilité de vivre jusqu’à 150 ans a fait sensation. Au laboratoire Lonvi Biosciences de Shenzhen, cette perspective ne semble pas aussi improbable qu’il y paraît. Lyu Qinghua, directeur technologique de l’entreprise, affirme :
« Vivre jusqu’à 150 ans est tout à fait possible. »
Lyu Qinghua, directeur technologique de Lonvi Biosciences
Lonvi développe actuellement des pilules anti-âge à base d’un composé dérivé de l’extrait de pépins de raisin.
L’entreprise va même plus loin dans ses prédictions :
« Personne n’aura de cancer dans cinq à dix ans. »
Lyu Qinghua, directeur technologique de Lonvi Biosciences
Bien que reconnaissant que la mort ne peut être vaincue complètement avec les connaissances actuelles, Lyu Qinghua souligne les progrès rapides de la science dans le domaine de la prolongation de la vie.
Cette quête de longévité n’est pas réservée aux laboratoires. Des entreprises comme Time Pie, basée à Shanghai, capitalisent sur l’intérêt croissant des Chinois pour le bien-être et la longévité, proposant des compléments alimentaires, des magazines et des conférences sur le thème du « vieillissement lent et de la vie bien vécue ». Gan Yu, le fondateur de Time Pie, observe :
« Dans le passé, seuls les milliardaires américains parlaient de longévité. Aujourd’hui, les Chinois sont à la fois curieux et riches. »
Gan Yu, fondateur de Time Pie
Lors d’une récente conférence internationale sur la longévité à Shanghai, on pouvait trouver des producteurs de baies de goji, des entreprises proposant des cabines de cryogénisation et même des promoteurs de « îles d’immortalité », aux côtés de scientifiques spécialisés dans le domaine. SuperiorMed, basée à Chengdu, se présente comme le « plus grand hôpital de longévité » au monde et évoque des projets ambitieux de création de ces fameuses « îles d’immortalité ».
L’espérance de vie moyenne en Chine a atteint 79 ans, mais des objectifs plus audacieux sont en cours de discussion, notamment celui d’atteindre les 150 ans pour les dirigeants du pays. En 2019, une vidéo prétendument issue du « Projet de santé des dirigeants 981 » de l’hôpital militaire numéro 301, qui soigne les hauts fonctionnaires à Pékin, a circulé sur les réseaux sociaux, révélant des travaux en cours dans ce sens. La vidéo a été rapidement censurée, témoignant du caractère sensible de cette recherche.
L’hôpital militaire numéro 301 met en avant la longévité de figures emblématiques comme Mao Zedong (décédé à 82 ans) et Deng Xiaoping (décédé à 92 ans), suggérant une expertise dans le domaine de la prolongation de la vie.
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