Publié le 24 janvier 2025. Contrairement aux idées reçues, la consommation de café pourrait en réalité diminuer le risque de récidive de la fibrillation auriculaire, selon une étude clinique internationale. Ces résultats inédits remettent en question les recommandations traditionnelles en matière de consommation de caféine pour les patients cardiaques.
- Une étude clinique menée aux États-Unis, au Canada et en Australie a révélé que les patients buvant au moins une tasse de café par jour après une cardioversion électrique avaient un risque de récidive de fibrillation auriculaire inférieur de 39 %.
- L’étude, la première du genre à se concentrer sur le lien entre café et fibrillation auriculaire, n’a pas mis en évidence d’effets secondaires indésirables liés à une consommation modérée de café.
- Ces découvertes suggèrent que les cardiologues pourraient reconsidérer leurs conseils aux patients concernant la consommation de caféine.
Longtemps décrié par les spécialistes, le café pourrait finalement s’avérer bénéfique pour la santé cardiaque. Une nouvelle étude clinique, menée auprès de 200 adultes souffrant de fibrillation auriculaire persistante, suggère que la consommation de café contenant de la caféine pourrait réduire le risque de réapparition des troubles du rythme après une intervention de cardioversion électrique.
Les participants à cette étude, menée simultanément dans des hôpitaux aux États-Unis, au Canada et en Australie, ont été répartis aléatoirement en deux groupes. Le premier groupe a été invité à consommer au moins une tasse de café par jour pendant six mois, tandis que le second groupe s’est abstenu de toute consommation de caféine durant la même période. Tous les participants avaient subi une cardioversion électrique pour traiter leur fibrillation auriculaire.
Les résultats sont surprenants : à l’issue des six mois, 47 % des participants du groupe café ont présenté une récidive de fibrillation auriculaire ou de flutter auriculaire, contre 64 % dans le groupe témoin. Cela correspond à une diminution du risque de récidive de 39 % (rapport de risque : 0,61 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,42 à 0,89 ; p = 0,01). L’étude n’a par ailleurs révélé aucune augmentation des effets indésirables, confirmant ainsi la sécurité d’une consommation modérée de café.
Ces conclusions remettent en cause la croyance largement répandue selon laquelle la caféine serait proarythmique, c’est-à-dire qu’elle favoriserait les troubles du rythme cardiaque. Au contraire, l’étude suggère que le café pourrait avoir un effet protecteur chez les patients ayant subi une fibrillation auriculaire. Les chercheurs soulignent qu’une consommation modérée est essentielle, mais qu’une abstinence totale de café n’est peut-être pas nécessaire, voire même contre-productive, pour maintenir un rythme cardiaque stable.
Cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour la prise en charge de la fibrillation auriculaire. Elle fournit aux cardiologues des éléments de preuve supplémentaires pour orienter leurs recommandations et pourrait conduire à une évolution de la perception de la caféine dans le domaine des soins cardiovasculaires. Encourager une consommation modérée de café pourrait ainsi s’intégrer dans un mode de vie équilibré pour les personnes ayant des antécédents de FA.
Référence
Wong CX et coll. Consommation de café caféiné ou abstinence pour réduire la fibrillation auriculaire : l’essai clinique randomisé DECAF. JAMA. 2025 ; DOI : 10.1001/jama.2025.21056.