Home SantéLe Canada a perdu son « statut d’élimination de la rougeole » — voici ce que cela signifie

Le Canada a perdu son « statut d’élimination de la rougeole » — voici ce que cela signifie

by Sophie Martin

Publié le 10 novembre 2025 à 19h15. Le Canada a perdu son statut d’élimination de la rougeole, une maladie hautement contagieuse, en raison d’une recrudescence des cas et d’une transmission soutenue sur son territoire. Cette situation inquiétante s’inscrit dans une tendance mondiale à la remontée de la maladie, notamment aux États-Unis.

  • Le Canada ne satisfait plus aux critères de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) pour l’élimination de la rougeole, qui exige l’absence de transmission endémique pendant au moins un an.
  • Plus de 5 100 cas de rougeole ont été signalés au Canada en 2025, touchant dix provinces et territoires.
  • La baisse des taux de vaccination est un facteur clé de cette résurgence, avec des modèles prévoyant une possible ré-endémisation de la maladie si les taux actuels se maintiennent.

L’OPS a officiellement annoncé la perte du statut d’élimination de la rougeole pour le Canada après avoir examiné les données épidémiologiques et de laboratoire récentes. L’organisation a constaté que la même souche de rougeole circule dans le pays depuis plus d’un an. Pour qu’une maladie soit considérée comme éliminée, il ne doit y avoir aucune transmission endémique – c’est-à-dire une propagation constante et soutenue – pendant au moins douze mois. Les cas sporadiques liés à des voyageurs infectés ne sont pas pris en compte dans cette évaluation.

En juillet dernier, l’OPS avait déjà tiré la sonnette d’alarme, signalant une multiplication par 29 du nombre de cas de rougeole dans les Amériques entre 2024 et 2025. À cette époque, le Canada était déjà le pays ayant signalé le plus grand nombre de cas, avec 3 170 infections recensées entre janvier et juillet. Fin octobre, le nombre de cas signalés avait dépassé les 5 100, dont 4 777 confirmés et 361 probables, répartis dans dix provinces et territoires : l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec, la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), cette situation résulte d’une vaste épidémie multijuridictionnelle qui a débuté en octobre 2024. « Même si la transmission a ralenti récemment, l’épidémie persiste depuis plus de 12 mois, principalement dans les communautés sous-vaccinées », a précisé l’ASPC dans un communiqué. L’agence collabore désormais avec l’OPS et d’autres partenaires pour améliorer la couverture vaccinale, renforcer la surveillance et fournir des conseils éclairés aux communautés.

Le Canada pourrait retrouver son statut d’élimination si la transmission de la souche de rougeole responsable de l’épidémie actuelle est interrompue pendant au moins 12 mois. Parallèlement, les États-Unis, qui avaient éliminé la rougeole en 2000, connaissent également une augmentation similaire du nombre de cas. Le Texas est particulièrement touché, suivi par l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Kansas. Jusqu’à présent en 2025, près de 1 700 cas ont été signalés aux États-Unis, contre 285 pour l’ensemble de l’année 2024. Consultez les données de l’agence américaine de la santé (CDC) pour plus d’informations.

« La vaccination contre la rougeole est le meilleur moyen de prévenir la maladie et d’arrêter les épidémies. Nous le voyons clairement en examinant le statut vaccinal des cas de rougeole aux États-Unis. »

Johns Hopkins US Measles Tracker

Bien que le calendrier de vaccination des enfants fasse l’objet d’un examen par le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux et militant anti-vaccin Robert F. Kennedy Jr., les recommandations actuelles en matière de vaccination contre la rougeole restent largement inchangées. Cependant, les taux de vaccination contre la rougeole sont en baisse aux États-Unis, et des modèles prédisent que la maladie pourrait redevenir endémique d’ici 20 ans si les taux actuels se maintiennent. Un tel scénario pourrait entraîner environ 851 300 cas, 170 200 hospitalisations et 2 550 décès dus à la rougeole au cours des 25 prochaines années, sans compter les complications de santé à long terme pour les survivants. Suivez l’évolution de la situation aux États-Unis grâce au suivi de Johns Hopkins.

Cet article est uniquement à titre informatif et ne vise pas à offrir des conseils médicaux.

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