Publié le 14 octobre 2024 à 13h35. Le cancer du foie, qui tue chaque année environ 1 200 personnes au Portugal, représente un fardeau économique croissant estimé à plus de 77 millions d’euros d’ici 2027. Des experts insistent sur l’urgence de renforcer la prévention et d’améliorer le dépistage précoce.
- Le cancer du foie est responsable de 1 200 décès annuels au Portugal.
- Son coût économique devrait atteindre 77 millions d’euros en 2027.
- Plus de la moitié des diagnostics sont posés à un stade avancé de la maladie.
Une étude récente, menée par des chercheurs portugais et soutenue par Roche, met en lumière l’augmentation de la prévalence du carcinome hépatocellulaire – la forme la plus courante de cancer du foie – qui devrait passer de 4 151 cas en 2023 à 4 851 en 2027. Les auteurs de l’étude, réalisée en partenariat avec la Société portugaise de gastroentérologie et les consultants Exigo, soulignent la nécessité d’« interventions sanitaires globales et efficaces » pour faire face à cette tendance.
Selon les estimations, le coût total de cette maladie devrait s’élever à environ 370 millions d’euros sur les cinq prochaines années. 44,3 % de ces dépenses sont liés aux traitements systémiques, tandis que 29 % concernent la transplantation hépatique.
Le Dr José Presa Ramos, co-auteur de l’étude et ancien président de l’Association portugaise pour l’étude du foie, insiste sur l’importance cruciale de la prévention.
« Les estimations sont basées sur les coûts actuels, et si nous les refaisions aujourd’hui, elles seraient probablement bien plus élevées. »
José Presa Ramos, co-auteur de l’étude
Il met en garde contre le fait que les patients sont souvent diagnostiqués à un stade trop avancé de la maladie, ce qui rend les traitements plus coûteux et moins efficaces.
Le Dr Ramos explique que 90 % des tumeurs malignes du foie se développent sur un foie déjà malade, généralement atteint de cirrhose. Il déplore que la principale cause de la cirrhose au Portugal soit une consommation excessive et nocive d’alcool.
« Pourquoi la cirrhose du foie apparaît-elle ? Au Portugal, la cause principale est une consommation exagérée et nocive d’alcool. »
José Presa Ramos, co-auteur de l’étude
Il appelle à une mobilisation de tous les acteurs de la société – et pas seulement des professionnels de la santé – pour mettre en place des politiques visant à réduire la consommation d’alcool et à en limiter l’accès.
Cette préoccupation est partagée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Europe et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui ont récemment plaidé pour l’adoption de politiques strictes en matière d’alcool, telles que des taxes élevées et des restrictions de vente, afin de réduire la consommation et de prévenir le cancer. OMS Europe et CIRC soulignent que de nouvelles analyses scientifiques confirment le lien entre la consommation d’alcool et divers types de cancer, et que des politiques publiques fortes constituent un investissement efficace pour la santé publique et les finances nationales.
L’étude met également en évidence les difficultés d’accès au dépistage pour les patients atteints de cirrhose. Le Dr Ramos souligne la nécessité de réduire les délais d’attente pour les échographies, qui devraient être réalisées tous les six mois. Il déplore que 40 % des dépistages ne soient pas effectués dans les délais impartis en raison du manque de capacité du système de santé publique (SNS). Il ajoute qu’un nombre significatif de patients ne passent pas l’examen, souvent par manque de compréhension de la maladie et de sa nature silencieuse, soulignant ainsi l’importance d’une meilleure sensibilisation de la population.
Sur le même sujet
