Publié le 14 novembre 2025 23:01:00. À l’approche du scrutin présidentiel et législatif, un chercheur du Centre d’études publiques (CEP) critique vivement l’interdiction de publier des sondages en période électorale, la jugeant contre-productive et source de désinformation.
- Aldo Mascareño, chercheur au CEP, dénonce les effets pervers de l’interdiction de publication des sondages avant les élections.
- Il estime que cette mesure, censée protéger le processus démocratique, favorise au contraire la diffusion de fausses informations.
- Le chercheur plaide pour une réforme urgente de la réglementation afin de permettre aux électeurs de disposer d’informations fiables jusqu’au dernier moment.
Deux jours avant les élections présidentielles et parlementaires, Aldo Mascareño, chercheur au Centre d’études publiques (CEP), a exprimé ses réserves quant à l’efficacité de l’« interdiction électorale » des sondages. Il qualifie cette mesure de « connotation absolument contre-productive » pour le bon déroulement du processus démocratique.
Intervenant dans l’émission Que reste-t-il de la journée sur Coopérative, l’expert a souligné que l’interdiction de publier des sondages dans les semaines précédant les élections « est une question absolument contre-productive dans le sens où elle limite l’information », essentielle pour permettre aux citoyens de se forger une opinion éclairée.
« Cette interdiction des élections a produit une désinformation absolue, et c’est ce qui rend également difficile pour chacun de s’y retrouver, car ils sont mal informés. N’importe qui peut dire n’importe quoi et cela semble être une information valide et fiable concernant les enquêtes », a fustigé le professeur de l’Université Adolfo Ibáñez.
Interrogé sur les craintes que les sondages ne soient utilisés pour manipuler l’opinion publique, Mascareño a reconnu qu’il existe des tentatives d’influence, notamment sur les réseaux sociaux. « Il ne faut pas être extrêmement naïf et penser qu’il n’y a pas de tentatives d’influence d’autres types (…) , les réseaux sociaux en regorgent », a-t-il déclaré.
Cependant, il insiste sur le fait que l’absence d’informations fiables, résultant de l’interdiction des sondages, est encore plus problématique. « Mais l’annulation des informations comme cela s’est produit avec cette enquête, a une connotation absolument contre-productive sur ce qui compte, c’est-à-dire voter dans un contexte démocratique de manière éclairée jusqu’au dernier moment, concernant les positions des différents candidats, car cela me guide et (j’évite) de recevoir des informations erronées permanentes », a-t-il ajouté.
Le chercheur du CEP estime qu’une modification urgente de la réglementation est nécessaire. « Il me semble que cela doit cesser maintenant. Cela devrait être la dernière élection avec laquelle nous opérons dans ce sens, car elle désinforme totalement », a-t-il conclu.
Sur le même sujet
