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Le chef de cabinet de Zelensky, Andriy Yermak, est blessé

by Clara Dubois

Publié le 20 novembre 2025 à 21h47. Un vaste scandale de corruption secoue le secteur énergétique ukrainien, atteignant désormais l’entourage direct du président Zelensky avec des accusations de pots-de-vin visant son chef de cabinet, Andriy Yermak.

  • Des enregistrements audio compromettants révèlent des demandes de pots-de-vin présumées de l’homme d’affaires Tymur Minditsch à des fournisseurs d’Energoatom.
  • L’Office national de lutte contre la corruption (Nabu) enquête sur l’influence de Minditsch, non seulement dans l’énergie, mais aussi sur le ministre de la Défense Rustem Umerov.
  • Des voix s’élèvent au sein du parti présidentiel pour demander le départ d’Andriy Yermak, considéré comme l’un des hommes les plus puissants du pays.

L’onde de choc de l’affaire Minditsch, un entrepreneur proche du président Zelensky, continue de secouer la classe politique ukrainienne. L’homme d’affaires, désormais réfugié en Israël, est au centre d’allégations de corruption impliquant des demandes de pots-de-vin à des entreprises travaillant avec Energoatom, la compagnie nationale de l’énergie. Les enregistrements audio, diffusés par l’Office national de lutte contre la corruption (Nabu), ne sont, selon toute vraisemblance, que la partie émergée de l’iceberg.

L’enquête de Nabu s’étend désormais à l’influence potentielle de Minditsch sur d’autres figures clés du gouvernement. Il est notamment suspecté d’avoir exercé une pression sur Rustem Umerov, l’ancien ministre de la Défense et actuel secrétaire du Conseil de sécurité. Minditsch est également associé à la société Fire Point, le principal fournisseur ukrainien de drones à longue portée, et le développeur du missile de croisière Flamingo. Des questions se posent quant à la surfacturation possible des livraisons de drones, bien que leur efficacité soit reconnue par les experts.

L’affaire prend une tournure encore plus explosive avec l’émergence du nom de code « Ali-Baba » dans les conversations interceptées. Selon le député d’opposition Yaroslav Jeleznyak, qui suit de près ces affaires de corruption depuis des années, ce nom de code désignerait Andriy Yermak, le chef de cabinet du président Zelensky, qui accompagnait d’ailleurs le président en Turquie ce mercredi.

La démission du ministre de la Justice Herman Halushchenko et de la ministre de l’Énergie Svitlana Hrintschuk, ainsi que les sanctions imposées à Minditsch et à un autre individu impliqué, ont permis à Zelensky de contenir pour l’instant la plus grave crise politique de son mandat. Cependant, des membres de son propre parti réclament désormais son départ. Yermak est accusé d’une influence excessive sur les nominations et de contrôler de facto le gouvernement.

Les tensions au sein du parti présidentiel « Serviteur du peuple » sont palpables, selon le journal en ligne Ukrayinska Pravda. La majorité parlementaire, autrefois solide, semble désormais fragile.

Des fissures sont apparues au grand jour mardi et mercredi, avec des députés appelant publiquement au limogeage de Yermak. L’opposant Mykyta Poturayev a même évoqué la possibilité de former une nouvelle coalition gouvernementale, un « gouvernement d’unité nationale » réclamé depuis longtemps par l’opposition.

La formation d’un tel gouvernement reste incertaine. Une coopération entre Zelensky et son ancien rival, l’ex-président Petro Porochenko, semble improbable, compte tenu de leur profonde animosité. Zelensky n’a pas de solution facile. Le Parlement a été incapable de voter la destitution des ministres impliqués dans l’affaire Minditsch mardi, l’opposition bloquant la séance et exigeant la démission de l’ensemble du gouvernement. Le vote a finalement eu lieu mercredi.

L’avenir de Yermak, qui contrôle également des aspects clés de la politique étrangère, dépendra en grande partie de son implication dans l’affaire Minditsch. Jusqu’à présent, les sphères d’influence de Minditsch et de Yermak étaient distinctes : le premier se concentrait sur les questions économiques, tandis que le second était responsable de la politique intérieure, étrangère et du système judiciaire. Minditsch avait également obtenu un « quota » de quatre ministres qui lui étaient favorables. Il semble difficile de croire que Yermak ignorait les agissements de son associé.

À son retour de Turquie, Zelensky prévoit de rencontrer son groupe parlementaire – une rencontre qui s’annonce difficile. (aargauerzeitung.ch)

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