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Le Congrès péruvien vote pour discuter de la destitution du président Boluarte

by Nicolas Lefèvre

Le Congrès péruvien a ouvert jeudi soir un débat sur la destitution de la présidente Dina Boluarte, confrontée à une impopularité record et à de multiples accusations de corruption et de répression violente des manifestations. Cette décision intervient après le dépôt de quatre motions par des députés de tous bords politiques, signalant une perte de soutien même au sein de son propre camp.

Les votes en faveur de l’ouverture du débat ont largement dépassé le seuil requis, avec entre 108 et 115 voix pour, contre les 52 nécessaires. Les parlementaires ont ensuite convoqué la présidente Boluarte pour qu’elle s’explique devant le Congrès dès 23h30 heure locale (04h30 GMT). Au moins 87 voix seront nécessaires pour parvenir à une destitution effective.

L’offensive contre Dina Boluarte prend une dimension particulière avec l’adhésion de partis conservateurs qui l’avaient traditionnellement soutenue, tels que Renovación Popular de Rafael Lopez et Fuerza Popular de Keiko Fujimori. Ces figures politiques de premier plan pourraient également se présenter à l’élection présidentielle de 2026.

« La seule façon d’avancer est la destitution de Dina Boluarte », a déclaré la députée Susel Paredes sur le réseau social X, soulignant un consensus croissant au sein des différentes formations politiques.

Si Dina Boluarte était destituée avant la fin de son mandat, prévue pour juillet prochain, le président du Congrès péruvien, José Jeri, lui succéderait. Le Pérou ne dispose actuellement pas de vice-président.

Dina Boluarte a accédé à la présidence en décembre 2022, suite à la destitution et à l’arrestation de son prédécesseur, Pedro Castillo, qui avait tenté de dissoudre le Congrès. Cet événement avait déclenché des mois de protestations massives et souvent sanglantes, notamment dans les régions andines et au sein des communautés autochtones. Des organisations de défense des droits humains ont accusé le gouvernement Boluarte d’avoir eu recours à une force excessive pour réprimer ces manifestations.

La présidente est également confrontée à des allégations d’enrichissement illicite, liées à des biens non déclarés et à la possession de montres Rolex. Elle a également été critiquée pour avoir augmenté son salaire en juillet dernier.

L’impopularité de Dina Boluarte est frappante, avec un taux d’approbation oscillant entre 2% et 4% selon les sondages. Cette situation intervient dans un contexte d’instabilité politique chronique au Pérou, qui a connu six présidents depuis 2018 et compte actuellement trois anciens dirigeants incarcérés.

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