Home NouvellesLe conseil municipal de Dublin vote en faveur d’une augmentation des loyers des locataires du conseil, certains étant confrontés à des hausses de plus de 50 %

Le conseil municipal de Dublin vote en faveur d’une augmentation des loyers des locataires du conseil, certains étant confrontés à des hausses de plus de 50 %

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 novembre 2025 à 22h28. Les locataires des logements sociaux à Dublin devront faire face à une augmentation de leurs loyers suite à un vote serré du conseil municipal, malgré une forte opposition et des manifestations. Cette décision vise à améliorer l’entretien des logements, mais suscite l’inquiétude des foyers à faibles revenus.

  • Le conseil municipal de Dublin a approuvé une augmentation des loyers pour les logements sociaux, votée par 31 voix contre 30.
  • L’augmentation variera en fonction du revenu et de la composition du foyer, pouvant dépasser 50 % pour les ménages avec plusieurs personnes percevant des revenus.
  • Des amendements visant à financer l’entretien des logements par une augmentation des taxes commerciales ont été rejetés.

Les loyers des logements sociaux de la Dublin City Council (DCC) vont augmenter, une décision qui a été adoptée lors d’une séance du conseil municipal animée, marquée par des protestations du Sinn Féin, des sociaux-démocrates, du syndicat des locataires CATU et d’autres organisations. Le vote, qui s’est soldé par une majorité étroite de 31 voix contre 30, intervient alors que le conseil municipal cherche à améliorer l’état du parc immobilier social, souvent critiqué pour son manque d’entretien.

Le nouveau système de calcul des loyers prendra en compte le revenu total du foyer, et pas seulement celui du principal occupant. Actuellement, les loyers sont fixés à 15 % du salaire du principal occupant, après une franchise de 32 € par semaine. Les autres occupants percevant un revenu sont également pris en compte, avec un plafond de 21 € par semaine. Désormais, jusqu’à quatre personnes percevant un revenu pourront être incluses dans le calcul, sans limite supérieure. Pour les travailleurs indépendants, comme les chauffeurs de taxi ou les artisans, le conseil municipal estimait auparavant leurs revenus hebdomadaires à 500 € ou 560 € ; ce chiffre sera désormais basé sur 18 % des revenus supérieurs à 50 € par semaine.

Les conséquences de cette réforme seront variables. Un locataire isolé gagnant 244 € nets par semaine verra son loyer hebdomadaire augmenter de 10 %, passant de 31,80 € à 34,92 €. Un foyer composé d’un occupant principal gagnant 961 € par semaine et de deux autres adultes percevant un revenu combiné de 900 € par semaine, devra s’attendre à une augmentation de 35 %, soit un passage de 181 € à 244 € par semaine. Dans les cas où plusieurs personnes contribuent aux revenus du foyer, l’augmentation pourrait dépasser les 50 %.

L’opposition à cette décision a été vive. Le conseiller du Sinn Féin, Daithí Doolan, a dénoncé une mesure qui pénalise les familles travailleuses.

« Nous devons rappeler aux gens pourquoi il y aura une augmentation des loyers. Le mois dernier, les gouvernements du Fianna Fáil et du Fine Gael se sont mutuellement félicités pour un excédent budgétaire historique de plus de 9 milliards d’euros. Ils ne pourraient pas dépenser cet argent s’ils essayaient. Et ils nous refusent le financement de cette ville. Ils privent cette ville des fonds essentiels pour l’entretien des logements, les réparations, la régénération et le réaménagement de nos quartiers ouvriers. »

Pauline McAdams, une résidente d’un logement social de la DCC, a exprimé son indignation face à une politique qui, selon elle, pénalise les locataires pour les manquements du conseil en matière d’entretien.

« Qui va garantir que ces réparations seront effectuées ? Et comment les gens vont-ils payer ces loyers lorsqu’ils les augmenteront ? »

Le conseiller vert Michael Pidgeon a reconnu la nécessité d’améliorer les conditions de vie dans les logements sociaux, mais a souligné que le système actuel était injuste, les ménages les plus aisés payant proportionnellement moins que les plus modestes. Il a également insisté sur le fait que le financement de l’entretien des logements ne devait pas incomber aux locataires, mais relever de la responsabilité du gouvernement.

« Il y a une ligne claire et directe entre les faibles loyers que nous facturons et les niveaux d’entretien bas et déplorables que nous fournissons. »

Une proposition de l’opposition, visant à augmenter les taxes commerciales pour les grandes entreprises afin de financer l’entretien des logements, a été rejetée de justesse, par 31 voix contre 28, avec une abstention.

Financé par le Local Democracy Reporting Scheme

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