Publié le 2026-01-07 10:04. Une étude australienne révèle que le diabète de type 2 altère en profondeur la structure et le fonctionnement énergétique du cœur, expliquant en partie le risque accru d’insuffisance cardiaque chez les patients diabétiques.
Le diabète de type 2 ne se contente pas d’augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, il modifie activement le cœur au niveau moléculaire et structurel, selon une recherche menée par l’Université de Sydney. Les résultats, publiés dans la revue EMBO Molecular Medicine, mettent en lumière des mécanismes jusqu’alors méconnus et ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.
L’équipe du Dr Benjamin Hunter et du Dr Sean Lal a analysé des tissus cardiaques humains provenant de patients ayant subi une transplantation cardiaque à Sydney, en les comparant à des tissus de donneurs sains. Cette approche directe, basée sur l’étude de vrais patients et non sur des modèles animaux, a permis d’identifier des changements spécifiques induits par le diabète.
L’analyse a révélé que le diabète provoque des altérations moléculaires au sein des cellules cardiaques et modifie la structure physique du muscle cardiaque. Ces effets étaient particulièrement marqués chez les patients souffrant de cardiomyopathie ischémique, une cause majeure d’insuffisance cardiaque.
« Nous observons depuis longtemps une corrélation entre les maladies cardiaques et le diabète de type 2, mais il s’agit de la première recherche qui examine simultanément les deux affections et découvre un profil moléculaire unique chez les personnes qui en sont atteintes. Nos résultats montrent que le diabète modifie la façon dont le cœur produit de l’énergie, maintient sa structure sous stress et se contracte pour pomper le sang. »
Dr Benjamin Hunter
Plus précisément, les chercheurs ont constaté que le diabète perturbe la production d’énergie du cœur. Dans un cœur sain, l’énergie est principalement produite à partir des graisses, mais le glucose et les cétones y contribuent également. En cas d’insuffisance cardiaque, l’utilisation du glucose tend à augmenter. Cependant, le diabète, en réduisant la sensibilité des cellules cardiaques à l’insuline, interfère avec ce mécanisme.
Au-delà de la production d’énergie, le diabète affecte également les protéines responsables de la contraction du muscle cardiaque et de la régulation du calcium. Chez les patients diabétiques atteints de cardiomyopathie ischémique, la production de ces protéines est diminuée, tandis qu’un excès de tissu fibreux s’accumule dans le cœur, le rendant plus rigide et moins efficace pour pomper le sang.
« L’effet métabolique du diabète sur le cœur n’est pas entièrement compris chez l’homme. »
Dr Hunter
L’étude a confirmé, grâce au séquençage de l’ARN, que ces changements protéiques se reflètent également au niveau de l’expression des gènes, notamment dans les voies impliquées dans le métabolisme énergétique et la structure tissulaire. Ces découvertes suggèrent que le dysfonctionnement mitochondrial et les voies associées à la fibrose pourraient constituer des cibles thérapeutiques prometteuses.
Les maladies cardiovasculaires restent la principale cause de décès dans de nombreux pays. Cette recherche, en reliant le diabète et les maladies cardiaques d’une manière inédite, pourrait permettre d’améliorer les critères de diagnostic et les stratégies de prise en charge des patients.
Article recommandé par sport.ro
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