Publié le 15 novembre 2023 15:13:00. Le diabète de type 2 représente un risque majeur pour la santé cardiovasculaire et rénale, touchant jusqu’à 40 % des patients. À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, les experts soulignent l’importance du dépistage précoce et de la prévention, notamment par la lutte contre l’obésité.
- Le diabète de type 2 multiplie le risque de maladies cardiovasculaires et d’insuffisance rénale chronique.
- Les femmes diabétiques présentent un risque accru de complications cardiaques par rapport aux hommes.
- La prévention, axée sur la lutte contre l’obésité et l’amélioration du tissu adipeux, pourrait prévenir jusqu’à 80 % des nouveaux cas de diabète de type 2.
Le diabète de type 2 est une maladie silencieuse aux conséquences potentiellement graves. L’endocrinologue Andreea Ciudin, coordinatrice du Centre de Traitement Intégral de l’Obésité de l’Hôpital Val d’Hébron, alerte sur l’impact significatif de cette pathologie sur le système cardiovasculaire et rénal. Selon ses estimations, le diabète de type 2 est à l’origine de jusqu’à 40 % des cas de maladie rénale chronique.
« Dans notre environnement, le diabète est la principale cause de maladie rénale chronique et peut être présent chez 30 à 40 % des personnes atteintes de diabète de type 2 ; il augmente également le risque d’insuffisance cardiaque, qui peut affecter une proportion importante de ces patients tout au long de leur vie », a-t-elle expliqué à l’occasion de la Journée mondiale du diabète.
Les personnes diabétiques sont presque deux fois plus susceptibles de développer une maladie cardiaque ou de subir un accident vasculaire cérébral que les adultes non diabétiques. Un aspect crucial souligné par le Dr Ciudin concerne les différences de risque entre les sexes.
« Chez les femmes diabétiques, le risque d’infarctus aigu du myocarde ou d’angine de poitrine est supérieur à 40 % par rapport aux hommes diabétiques, en grande partie parce qu’elles ont un profil de risque cardiovasculaire plus mauvais, avec une plus grande tendance à l’obésité, à l’hypertension et à l’hypercholestérolémie. »
Andreea Ciudin, endocrinologue et coordinatrice du Centre de Traitement Intégral de l’Obésité de l’Hôpital Val d’Hébron
La complexité de la situation réside dans le caractère souvent asymptomatique des phases initiales du diabète de type 2 et de la maladie rénale chronique. Les dommages sont souvent déjà installés au moment où le patient présente des symptômes. C’est pourquoi un dépistage régulier est essentiel.
« C’est pourquoi nous insistons sur un dépistage précoce : des analyses périodiques de sang et d’urine pour surveiller la glycémie, la fonction rénale et l’évaluation du risque cardiovasculaire », ajoute le médecin.
Au cœur du problème se trouve souvent l’obésité, définie non seulement par un poids élevé, mais également par un excès et/ou un dysfonctionnement de la graisse corporelle. L’évaluation de la composition corporelle et la mesure du tour de taille sont donc des éléments clés. Un rapport taille/taille supérieur à 0,5 est associé à un risque cardiométabolique accru, même en cas d’indice de masse corporelle (IMC) normal.
Cette adiposité viscérale dysfonctionnelle favorise la résistance à l’insuline, l’hypertension et la surcharge rénale, contribuant ainsi aux complications observées dans l’axe cardio-rénal-métabolique. Les conséquences d’une hyperglycémie prolongée incluent la rétinopathie, la néphropathie, la neuropathie périphérique et les événements cardiovasculaires majeurs. Par ailleurs, la stéatose hépatique est devenue la principale cause de transplantation hépatique dans les pays développés.
Le Dr Ciudin tempère toutefois l’approche pessimiste : « Le diabète de type 2 peut connaître une rémission métabolique si l’on s’attaque à sa racine ; nous ne parlons pas d’une guérison définitive, car si ‘l’adipocyte se met en colère’, il peut revenir, mais nous parlons d’inverser son cours dans de nombreux cas ». Elle souligne que le traitement efficace de l’obésité et du dysfonctionnement du tissu adipeux pourrait prévenir jusqu’à 80 % des nouveaux cas de diabète de type 2.
La sensibilisation et le dépistage sont des priorités. La plupart des diagnostics de diabète de type 2 sont posés lors d’examens de routine, ce qui souligne l’importance de contrôles médicaux réguliers et de la surveillance de paramètres tels que la glycémie et le tour de taille.
« Le diabète est une priorité et notre engagement est ferme : sensibiliser, soutenir les patients et collaborer avec le système de santé pour renforcer le dépistage, l’éducation et la surveillance des complications cardiaques, rénales et métaboliques. »
Marta Moreno, directrice des affaires corporatives et de l’accès au marché d’AstraZeneca
AstraZeneca s’engage également à « promouvoir les initiatives qui aident à prévenir la maladie et à améliorer les résultats en matière de santé, depuis l’identification précoce jusqu’à la gestion globale ». À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, le Dr Ciudin et AstraZeneca ont participé à un épisode spécial du podcast « Vidas Contadas », animé par Enric Sánchez, où ils ont partagé des conseils pratiques pour une alimentation saine, les causes du diabète et les moyens de le prévenir.
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