Home AffairesLe dollar américain écrase chaque parcelle du caractère belliciste de Powell

Le dollar américain écrase chaque parcelle du caractère belliciste de Powell

by Amélie Bernard

Les marchés financiers restent en observation après des déclarations récentes de la Réserve fédérale américaine, tandis que le Japon surveille de près l’évolution du yen. L’euro, quant à lui, pourrait bénéficier d’une conjoncture économique légèrement plus favorable, mais la Banque centrale européenne (BCE) maintient une approche prudente.

Le dollar américain a continué de bénéficier, hier, de l’écho des propos relativement fermes de Jerome Powell, le président de la Fed, lors de sa dernière intervention. L’accord commercial entre les États-Unis et la Chine a également apporté un soutien marginal, notamment concernant les terres rares (selon une note de l’équipe matières premières). Cependant, les analystes estiment que les conditions nécessaires à une nouvelle forte appréciation du dollar ne sont pas encore réunies.

La prudence de Powell concernant une éventuelle réduction des dépenses en décembre doit être prise au sérieux. Néanmoins, la perspective à court terme reste celle d’une absence de direction claire plutôt que d’un rebond durable, en raison du manque de données économiques récentes. Les marchés attendent donc avec impatience la publication des prochains chiffres, qui pourraient enfin donner un signal plus précis.

Au Japon, la faiblesse du yen suscite l’inquiétude des autorités. Satsuki Katayama, la ministre des Finances, a exprimé une « urgence élevée » face aux mouvements monétaires « très unilatéraux et rapides » du yen. Cette réaction confirme que c’est le rythme du changement qui préoccupe le plus, bien que les niveaux psychologiques jouent également un rôle dans les interventions potentielles de la Banque du Japon (BoJ). La question de savoir si les États-Unis toléreront une intervention sur le marché des changes reste ouverte.

Les marchés pourraient tester le seuil de 155 yens pour 1 dollar américain (USD/JPY). L’absence de réaction à ce niveau pourrait encourager des paris spéculatifs supplémentaires à la hausse. La probabilité d’une hausse des taux d’intérêt en décembre, bien que considérée comme notre scénario de base, n’est pour l’instant estimée qu’à 45 % par les marchés.

Concernant l’euro, la BCE affiche une volonté de maintenir la stabilité. Carsten Brzeski, notre observateur de la BCE, souligne que le changement de formulation concernant les risques de croissance – passant d’une « balance des risques » à un ensemble plus large de risques à la hausse et à la baisse – n’a pas été particulièrement souligné par Christine Lagarde. Les résultats du troisième trimestre, meilleurs que prévu (+0,2 % en glissement trimestriel, et +0,5 % en France), n’ont pas non plus entraîné de changement majeur dans la politique de la BCE.

Les prochaines semaines verront les membres du Conseil des gouverneurs de la BCE nuancer leurs évaluations de la politique monétaire, de l’inflation et de la croissance. Cependant, il ne faut pas s’attendre à des annonces significatives. La BCE se considère comme étant dans une position confortable avec un taux de 2 %, et la barre pour un nouvel assouplissement de la politique monétaire reste élevée. L’évolution de l’EUR/USD reste donc étroitement liée à celle du dollar, et une cassure sous 1,150 dollar est envisagée, sans pour autant que les conditions d’une baisse plus importante soient réunies.

Au Royaume-Uni, la démission surprise de Rachel Reeves, la chancelière de l’ombre, pourrait perturber les marchés. Des appels à sa démission ont été lancés après qu’elle ait admis ne pas avoir obtenu le permis requis pour louer sa maison. Cependant, le Premier ministre Starmer lui a apporté son soutien total, et une agence immobilière a assumé la responsabilité de l’erreur. En juillet, des spéculations sur un possible départ de Reeves avaient déjà entraîné une hausse des rendements des obligations d’État. Les marchés craignent qu’un changement de chancelière n’annonce des règles budgétaires plus souples et un endettement accru. Une démission inattendue, bien que peu probable, pourrait entraîner une volatilité accrue des gilts et de la livre sterling.

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