Les craintes concernant une crise du crédit aux États-Unis se sont apaisées, entraînant une réévaluation des anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale et un renforcement du dollar. L’euro pourrait reculer jusqu’à 1,16 $ dans les prochains jours, mais une publication américaine de l’indice des prix à la consommation plus élevée que prévu serait nécessaire pour confirmer cette tendance. Par ailleurs, Sanae Takaichi a été confirmée ce matin au poste de Première ministre japonaise par le Parlement.
Le début de semaine est marqué par une modération de la volatilité des taux de change, les marchés boursiers américains poursuivant leur rebond sur fond d’apaisement des tensions sur le crédit. Les résultats de la Zions Bank ont été solides, malgré des pertes liées à des fraudes, mais l’attention reste vive quant à d’éventuels autres signes de fragilité du système financier.
Le dollar a effacé les inquiétudes bancaires de la semaine dernière et se situe désormais à seulement 0,7 % de son plus haut du 10 octobre. Cette dynamique est largement soutenue par un revirement des anticipations concernant la politique de la Fed, le taux à deux ans ayant augmenté de 7 points de base hier, compte tenu du lien étroit entre les attentes d’assouplissement monétaire et le sentiment du marché du crédit.
Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine restent stables à l’approche de la réunion prévue fin du mois entre Donald Trump et Xi Jinping. Hier, les États-Unis ont signé un accord avec l’Australie pour accéder à ses réserves de terres rares, ce qui pourrait leur donner un léger avantage dans les négociations avec Pékin. Cependant, ces éléments ont pour l’instant un impact limité sur le marché des changes, qui semble adopter une attitude prudente et optimiste quant à la possibilité d’un accord entre les deux pays.
Le yen est la devise la moins performante de la semaine. Ce recul semble principalement lié au désengagement des investisseurs des valeurs refuges, alors que les inquiétudes concernant le marché américain s’atténuent, et dans une moindre mesure, aux développements politiques au Japon. Sanae Takaichi a été confirmée ce matin au poste de Première ministre par le Parlement, obtenant quatre voix de plus que la majorité requise. Ce résultat suggère qu’elle bénéficie du soutien d’un nombre suffisant de décideurs politiques en dehors de sa coalition LDP-Ishin, qui ne disposait pas de la majorité parlementaire.
La formation d’un gouvernement minoritaire pourrait rendre difficile la mise en œuvre d’une politique budgétaire expansionniste. Les prévisions du marché concernant la Banque du Japon (BoJ) – une hausse de 15 points de base d’ici la fin de l’année – témoignent d’une incertitude quant aux implications du nouveau leadership en matière de dépenses publiques et de dette. Une hausse des taux le 30 octobre (4 points de base intégrés) reste possible, notamment en raison de la faiblesse du yen, mais décembre semble plus probable. À moins que la BoJ n’agisse en octobre ou que le dollar ne subisse de nouvelles pressions spécifiques, il pourrait rester au-dessus de 150 yens, les inquiétudes concernant la dette et le financement continuant de peser sur la devise japonaise.
L’EUR/USD reste fortement influencé par le sentiment du marché du crédit et l’évolution des marchés boursiers américains. Une stabilisation de la situation pourrait entraîner une baisse de la paire de devises jusqu’à 1,16 $. Un niveau inférieur à ce seuil serait difficile à justifier, à moins que l’indice des prix à la consommation américain, publié vendredi, ne soit plus élevé que prévu.
Par ailleurs, l’écart entre les taux des obligations d’État françaises à 10 ans (OAT) et allemandes (Bund) s’est élargi à près de 80 points de base hier matin avant de se stabiliser à 78 points de base. Cette évolution témoigne de la surprise des marchés face à la dégradation inattendue de la note de S&P vendredi, mais aussi de la capacité de la stabilité politique à atténuer les inquiétudes budgétaires des investisseurs.
Deux responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont adopté une position ferme hier : Isabel Schnabel (Autriche) et Joachim Nagel (Allemagne). Leurs commentaires n’ont pas apporté de nouvelles informations sur les taux d’intérêt, mais Isabel Schnabel a souligné l’importance de renforcer le rôle international de l’euro. La campagne actuelle de la BCE en faveur d’un euro mondial reste toutefois étroitement liée à toute amélioration de l’intégration politique des marchés de capitaux, et il est peu probable qu’elle se traduise par une appréciation significative à court terme, à moins d’une nouvelle crise de confiance envers le dollar. De plus, certains membres du Conseil des gouverneurs de la BCE pourraient ne pas être favorables à un euro encore plus fort, bien que les commentaires directs sur les taux de change aient été rares ces derniers temps.
Enfin, dans un contexte de manque de données, les spéculations sur une trêve entre l’Ukraine et la Russie se multiplient, suite à des informations du week-end selon lesquelles Donald Trump ferait davantage pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte les conditions territoriales de paix de la Russie avant un éventuel sommet tripartite (Trump, Poutine, Zelenski) à Budapest dans les semaines à venir. Même dans un scénario où les conditions de paix ne seraient pas optimales pour l’Ukraine, l’euro (et plus encore, les monnaies européennes à bêta élevé) pourrait bénéficier d’un coup de pouce si une trêve était conclue dans les semaines à venir. Pour l’instant, les marchés des changes n’ont pas intégré cet élément, et des progrès tangibles dans les négociations de paix seraient nécessaires pour qu’il soit pris en compte.
En ce qui concerne le Canada, les chiffres de l’inflation pour septembre seront publiés aujourd’hui. L’indice global devrait rebondir au-dessus de 2,0 %, mais cela n’aura probablement pas d’impact significatif sur la Banque du Canada tant que les mesures de base (assiette et médiane) resteront autour de 3,0 %. La Banque du Canada se concentre davantage sur les risques pour la croissance et l’emploi liés aux tarifs douaniers que sur l’inflation.
Malgré des données sur l’emploi plus fortes que prévu début octobre, les marchés anticipent un assouplissement de 19 points de base avant la réunion de la Banque du Canada la semaine prochaine. L’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada pour le troisième trimestre, publiée hier, a confirmé un ralentissement prolongé dû aux tarifs douaniers américains, une incertitude accrue entraînant un ralentissement des investissements et des intentions d’embauche modérées. La Banque du Canada a fait écho à ces préoccupations dans son communiqué de septembre. Il lui faudrait des arguments convaincants pour maintenir ses taux inchangés le 29 octobre.
Le dollar canadien (CAD) reste la devise du G10 la moins appréciée. Une probabilité accrue de baisse des taux en octobre et une marge limitée pour que la Banque du Canada signale la fin du cycle pourraient continuer à éroder le portage du CAD et maintenir une prime de risque sur le huard, liée à l’incertitude économique et tarifaire. Une reprise du dollar américain en dessous de 1,40 (par rapport au CAD) et un retour aux niveaux de septembre avant la fin de l’année sont toujours prévus, mais le potentiel de hausse du huard dans les croisements reste limité.
La Banque nationale de Hongrie (NBH) devrait laisser ses taux inchangés à 6,50 % aujourd’hui, conformément aux attentes. La réunion d’aujourd’hui portera davantage sur les orientations prospectives que sur les taux eux-mêmes. L’inflation reste au-dessus de la fourchette cible, et les mesures gouvernementales en réduisent une part significative (1,5 point de pourcentage). Cependant, l’économie est faible et continue de décevoir. Malgré quelques tensions politiques, la banque centrale devrait maintenir une position ferme, confirmant le ton belliciste des réunions précédentes.
Le marché anticipe une baisse complète des taux d’ici la fin mars 2026, avec une forte probabilité également pour février. Cependant, le marché n’attend que 80 points de base de baisse des taux, le taux terminal étant revenu à 5,70 %, bien au-dessus de notre prévision. Bien que nous nous attendions à une position ferme aujourd’hui, le risque pour le marché est plutôt accommodant. Si la banque centrale adoptait une orientation plus conciliante, le marché réagirait favorablement. Cependant, nous pensons que cela se produira plus tard, compte tenu des chiffres d’inflation plus faibles attendus au premier trimestre de l’année prochaine.
Le forint hongrois (HUF) est également soutenu par les attentes concernant des progrès dans les négociations de cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie. Dans l’ensemble, nous sommes désormais optimistes quant à l’évolution du HUF, et il pourrait tester les plus bas actuels à 388.
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