La perspective d’une fin imminente à la paralysie politique aux États-Unis, conjuguée à une incertitude grandissante sur les taux d’intérêt et les politiques monétaires, a engendré une volatilité accrue sur les marchés des changes. Le dollar américain bénéficie actuellement de son statut de valeur refuge, tandis que la livre sterling subit les contrecoups des inquiétudes fiscales au Royaume-Uni.
Les négociations entre démocrates et républicains concernant la reprise des activités du gouvernement américain semblent avoir ralenti, refroidissant l’optimisme initial des investisseurs. Le dollar, après avoir atteint des sommets récents, a légèrement reculé. Les marchés anticipent désormais une probabilité de 74 % que la Réserve fédérale américaine (Fed) maintienne ses taux inchangés en décembre, ce qui a entraîné une baisse des rendements des bons du Trésor.
Parallèlement, le dollar est soutenu par une demande accrue d’actifs refuges, alimentée par le repli des bourses américaines et l’annonce par la Cour suprême de son intention d’examiner la légalité des droits de douane. Les plateformes de prédiction Predictit et Polymarket estiment respectivement à 73 % et 64 % les chances d’une défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle. La suppression de ces droits de douane pourrait peser lourdement sur l’économie américaine et affaiblir le dollar, nécessitant des réductions de dépenses publiques et des augmentations d’impôts, ce qui freinerait la croissance et contraindrait la Fed à assouplir sa politique monétaire.
La volatilité actuelle favorise également les monnaies refuges, mais d’autres devises sont confrontées à des pressions spécifiques. Le franc suisse est fragilisé par les craintes d’un retour à une politique de taux d’intérêt négatifs de la Banque nationale suisse. Quant au yen japonais, il est affecté par l’hésitation de la Banque du Japon (BoJ) à signaler une poursuite de la normalisation de sa politique monétaire.
Les procès-verbaux de la dernière réunion de la BoJ révèlent que certains membres du conseil d’administration insistent sur la nécessité de la prudence, soulignant la longue période de déflation que le Japon a connue. Ils craignent que des taux d’intérêt élevés ne replongent le pays dans cet état. Cette rhétorique atténue les anticipations d’une hausse imminente des taux et exerce une pression sur le yen. L’augmentation des interventions verbales et la demande accrue de valeurs refuges contribuent à une dynamique complexe pour la paire USD/JPY.
Au Royaume-Uni, la livre sterling a atteint son plus bas niveau depuis avril suite au refus de Rachel Reeves, chancelière de l’ombre, de réaffirmer l’engagement préélectoral du parti travailliste de ne pas augmenter significativement les impôts. Elle a attribué les difficultés économiques actuelles à l’administration conservatrice précédente et aux frictions commerciales.
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