La plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde a fait l’objet d’un vol sans précédent. Binance a confirmé que les cybercriminels avaient siphonné plus de 6 milliards de dollars en quelques minutes seulement, marquant ainsi le plus grand braquage numérique jamais enregistré. L’incident, survenu le jeudi 29 octobre 2026, a immédiatement entraîné la suspension des retraits et des dépôts sur la plateforme.
Le bitcoin a chuté de près de 5 %, tandis que l’ethereum a perdu près de 6 %. Le BNB, le jeton natif de la bourse, a quant à lui dégringolé de près de 10 %. Les marchés ont réagi brutalement à cette annonce.
Le FBI attribue l’attaque au groupe TraderTraitor
Le Federal Bureau of Investigation a formellement désigné la Corée du Nord comme le commanditaire de cette vaste opération. Dans un communiqué publié le 31 octobre 2026, l’agence fédérale américaine a indiqué que l’unité sponsorisée par l’État nord-coréen connue sous le nom de TraderTraitor était derrière l’effraction.
Les autorités ont observé les membres de ce groupe convertir les actifs dérobés principalement en ethereum. Les enquêteurs s’attendent à ce que ces fonds subissent un blanchiment accru
à l’aide de services décentralisés et de plateformes d’échange instantané.
Le FBI mène cette investigation en collaboration avec le Secret Service et l’IRS Criminal Investigation. L’agence exhorte les acteurs du secteur à bloquer immédiatement les adresses de portefeuilles numériques associées aux fonds volés.
La plateforme déploie des fonds propres après une intrusion complexe
Richard Teng, le co-directeur général de l’entreprise, a qualifié l’intrusion d’attaque complexe
. Elle impliquait un ordinateur portable compromis et des logiciels malveillants conçus pour effacer les traces de l’activité, compliquant considérablement le travail d’enquête.
Pour faire face aux pertes, la bourse a mis de côté environ 6,34 milliards de dollars en fonds propres. L’argent injecté pour racheter les jetons provient de plusieurs sources internes.
Il provient notamment d’une réserve de bitcoins destinée à protéger les utilisateurs, d’une partie du fonds d’assurance des contrats à terme et de la trésorerie de l’entreprise.
Richard Teng a déclaré sur X : « Nous avons désormais reconstitué 90 % des actifs volés et nous nous engageons à couvrir les 10 % restants. Nos utilisateurs ne supporteront pas l’impact financier de cet incident. »
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La direction a précisé que les 10 % restants correspondent à des jetons moins liquides dont l’acquisition pourrait prendre plus de temps. Néanmoins, la reprise progressive des retraits a débuté le dimanche 1er novembre 2026, permettant aux utilisateurs de récupérer leurs avoirs en toute sécurité.
Pyongyang multiplie les cyberattaques face à des réactions politiques partagées
L’unité TraderTraitor est rattachée au Lazarus Group. Ce braquage s’inscrit dans une longue série d’actions attribuées à la Corée du Nord.

Cette entité est active depuis plus d’une décennie et a déjà été pointée du doigt dans le piratage du studio Sony Pictures en 2014, du vol de la Banque centrale du Bangladesh en 2016 et de l’attaque au rançongiciel WannaCry en 2017.
Selon des experts interrogés par les autorités, les profits engrangés par ces cyberattaques servent à financer la recherche militaire et le développement de programmes d’armement du pays. En mai 2024, un rapport des Nations unies affirmait déjà que ces opérations illicites contribuaient à l’acquisition de composants pour les armes de destruction massive.
Du côté de la classe politique, les réactions divergent quant à l’implication de Pyongyang. Interrogé par des journalistes lors d’une fête d’Halloween dans son domaine de Mar-a-Lago en Floride, le président Donald Trump a adopté une posture prudente selon AP News : « Je ne suis pas inquiet. Nous sommes en train de nous renseigner. »
L’ancien dirigeant de la plateforme, Changpeng Zhao, a également pris part aux premières constations en signalant la nature suspecte de l’incident dès les premières heures de la crise.
La blockchain face au défi du traçage des fonds volés
Les spécialistes des technologies de la blockchain estiment que les hackeurs chercheront à morceler le butin pour le disperser à travers de petits services d’échange afin de contourner les barrières de détection.
Ari Redbord, directeur de la politique générale chez TRM Labs, a déclaré : « C’est un braquage de banque, dans ce cas-ci, à la vitesse d’Internet. »

Malgré la complexité de ces transferts, Ari Redbord indique qu’il est possible de suivre et de tracer ces capitaux en temps réel pour perturber les opérations et procéder à des saisies. Les analystes préviennent toutefois que l’essor des modèles d’intelligence artificielle pourrait accentuer la vulnérabilité des protocoles de sécurité informatique à l’avenir.