Publié le 23 décembre 2025 à 12h29. Des chercheurs australiens ont identifié un gène qui permet aux cellules tumorales d’échapper au système immunitaire, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour améliorer l’efficacité de l’immunothérapie contre le cancer.
- L’étude met en évidence le rôle du gène TAk1 dans la défense des tumeurs contre les cellules immunitaires.
- La désactivation de ce gène rend les tumeurs plus vulnérables aux attaques du système immunitaire.
- Ces découvertes pourraient permettre d’optimiser les traitements d’immunothérapie pour les patients qui ne répondent pas aux thérapies actuelles.
La recherche sur le cancer s’est considérablement concentrée ces dernières années sur l’immunothérapie, une approche thérapeutique qui vise à stimuler le système immunitaire du patient pour qu’il combatte les cellules cancéreuses. Normalement, notre système immunitaire est capable d’éliminer les cellules potentiellement dangereuses. Cependant, les cellules tumorales parviennent souvent à échapper à cette surveillance, ce qui permet à la tumeur de se développer. La Fondation Umberto Veronesi explique que ce phénomène se produit lorsque les cellules cancéreuses parviennent à déjouer les mécanismes de défense immunitaire.
Les immunothérapies cherchent à réactiver le système immunitaire et à renforcer ses capacités à lutter contre les tumeurs. Néanmoins, leur efficacité peut être limitée par des mécanismes de résistance développés par les tumeurs. Une équipe de chercheurs australiens a récemment identifié un gène, TAk1, qui joue un rôle clé dans cette résistance, agissant comme une sorte de « dispositif de sécurité » pour les cellules cancéreuses.
Comment fonctionne le gène TAk1
Cette découverte, publiée dans la revue Cell Reports, est le fruit d’une collaboration entre l’Olivia Newton-John Cancer Research Institute (ONJCRI) et le WEHI, deux centres de recherche australiens de premier plan. Les chercheurs ont mené une analyse approfondie des gènes qui permettent aux tumeurs de survivre aux attaques des cellules immunitaires, en particulier des lymphocytes T CD8+, également appelés « cellules tueuses ».
Leurs travaux ont révélé que les cellules tumorales utilisent le gène TAk1 pour se protéger contre le système immunitaire. Bien que ce gène soit déjà connu pour favoriser la survie des cellules cancéreuses et bloquer leur mort programmée, son rôle précis dans la défense contre l’immunité n’avait pas encore été élucidé.
Quelles implications pour le traitement ?
Les résultats de cette étude sont encore préliminaires, mais les chercheurs ont observé que lorsque le gène TAk1 est inactivé grâce à la technique d’édition génomique CRISPR/Cas9, la croissance tumorale est significativement ralentie, ce qui indique que le système immunitaire est alors capable de mieux contrôler les cellules cancéreuses. En effet, lorsque TAk1 est bloqué, une protéine essentielle, cFLIP, ne peut plus fonctionner correctement, ce qui rend les tumeurs plus vulnérables aux attaques du système immunitaire.
Les chercheurs espèrent que cette découverte permettra d’améliorer l’efficacité des immunothérapies, en particulier pour les patients qui ne répondent pas aux traitements actuels.
« TAk1 agit comme un amortisseur qui permet aux cellules tumorales de résister aux attaques du système immunitaire. En le supprimant, la tumeur s’effondre sous la force de l’attaque immunitaire. »
Chercheurs de l’ONJCRI et du WEHI
Des études supplémentaires sont prévues pour confirmer ces résultats et explorer le potentiel de TAk1 comme cible thérapeutique pour l’immunothérapie.