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Le général chaviste emprisonné aux États-Unis révèle que Delcy est le véritable pouvoir du chavisme

by Nicolas Lefèvre

Publié le 8 décembre 2025 à 22h18. Un ancien général vénézuélien incarcéré aux États-Unis brise le silence et accuse directement les frères Delcy et Jorge Rodríguez d’être les véritables maîtres du pouvoir au sein du régime chaviste, impliqués dans des opérations criminelles et une manipulation électorale à grande échelle.

  • Le général Cliver Alcalá, emprisonné, affirme que Delcy Rodríguez et Jorge Rodríguez contrôlent les mécanismes politiques et criminels du régime vénézuélien.
  • Il accuse les frères Rodríguez d’être responsables de la manipulation des élections, notamment via l’utilisation de machines à voter Smartmatic.
  • Des sources à la Maison Blanche révèlent que Nicolás Maduro aurait proposé à Delcy Rodríguez de prendre la présidence du Venezuela jusqu’en 2031.

Depuis sa cellule, le général Cliver Alcalá, reconnu coupable de collaboration avec les FARC, a envoyé une lettre explosive à l’ancien président américain Donald Trump. Dans ce document, dont ABC a eu connaissance, il désigne les frères Delcy et Jorge Rodríguez comme le véritable centre de pouvoir du régime de Nicolás Maduro, opérant dans l’ombre et contrôlant les leviers politiques et criminels du pays.

Selon Alcalá, Delcy, actuelle vice-présidente, et Jorge, président de l’Assemblée nationale, conçoivent et coordonnent des opérations cruciales pour la survie du régime, allant de la manipulation électorale à la gestion de réseaux illicites et d’alliances internationales. Il affirme que leur influence s’étend jusqu’à Nicolás Maduro et Diosdado Cabello, figures emblématiques du chavisme.

« Deux personnes fondamentales dans tout ce réseau criminel sont les frères Jorge et Delcy Rodríguez. D’une visibilité moindre et calculée, ils sont les véritables cerveaux machiavéliques derrière les dirigeants du cartel connu sous le nom de cartel des Soles. »

Général Cliver Alcalá

Alcalá accuse également les frères Rodríguez de contrôler le système électoral vénézuélien, notamment l’utilisation de machines à voter Smartmatic pour modifier les résultats. Il évoque l’existence de « machines parallèles » permettant de truquer les élections.

Cette révélation intervient après qu’Hugo ‘el Pollo’ Carvajal, un autre ancien responsable chaviste extradé d’Espagne, a également envoyé une lettre à Donald Trump, formulant des allégations similaires concernant Smartmatic. Carvajal affirmait que Smartmatic avait été créé comme un outil électoral pour le régime vénézuélien et que son système pouvait être modifié. Plus d’informations sur les allégations de Carvajal.

Smartmatic rejette catégoriquement ces accusations, affirmant ne servir aucun intérêt politique et défendant son intégrité technologique dans le cadre d’un litige en cours aux États-Unis. L’entreprise est également confrontée à une accusation fédérale à Miami pour corruption et blanchiment d’argent liée aux élections philippines de 2016.

Des sources proches de la Maison Blanche indiquent que Nicolás Maduro aurait même proposé à Delcy Rodríguez de prendre la présidence du Venezuela jusqu’en 2031, consolidant ainsi sa position et celle de son frère Jorge. Delcy Rodríguez entretient par ailleurs des liens étroits avec les gouvernements socialistes espagnols depuis l’arrivée de Maduro au pouvoir.

En janvier 2020, sa venue en Espagne, malgré les sanctions européennes, avait provoqué une crise diplomatique, notamment suite à une rencontre avec l’ancien ministre de l’Intérieur, José Luis Abalos. Retour sur la visite controversée de Delcy Rodríguez à Madrid.

Depuis, Delcy Rodríguez entretient un dialogue régulier avec José Luis Rodríguez Zapatero, ancien président du gouvernement espagnol et figure proche du chavisme. Récemment, le New York Times l’a qualifiée de figure « modérée », une caractérisation contestée par l’opposition démocrate vénézuélienne.

Dans sa lettre, Alcalá se présente comme un général à la retraite qui s’est « volontairement rendu » aux États-Unis en 2020, après avoir reconnu avoir collaboré avec les FARC « sur les ordres de mon supérieur d’alors, Hugo Chávez ». Il affirme également que Maduro a utilisé des organisations criminelles, comme le Train Aragua, pour consolider son contrôle interne et les a même « exportées vers d’autres pays, y compris les États-Unis d’Amérique ». Il accuse également le général Carlos Quintero d’être responsable de la « technologie électorale Smartmatic utilisée pour commettre des fraudes ».

Alcalá met en garde Donald Trump contre la menace que représente le régime vénézuélien pour la sécurité nationale des États-Unis et se dit prêt à collaborer pleinement avec les autorités américaines : « Je suis prêt à témoigner sur ces questions et sur d’autres ». Il conclut en affirmant sa disponibilité pour « contribuer à la sécurité et à la justice de votre pays et du mien ».

Alcalá a été condamné à New York à 21 ans et huit mois de prison après avoir plaidé coupable de deux chefs d’accusation fédéraux : soutien matériel à une organisation terroriste (les FARC) et transferts illicites d’armes.

La stratégie de l’administration Biden à l’égard de Caracas a été marquée par la libération de plusieurs individus liés au régime, dont les « narco-neveux » et Alex Saab, désigné comme un proche de Maduro et accusé de blanchiment d’argent et de corruption. Alcalá, en revanche, a choisi de se rendre et de coopérer avec les autorités américaines, affirmant pouvoir continuer à fournir des informations précieuses sur les réseaux criminels et politiques du régime vénézuélien.

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