Publié le 12 décembre 2023 à 23h15. L’administration américaine envisage de renforcer sa coopération sécuritaire avec le Pérou en lui accordant le statut d’allié majeur non-membre de l’OTAN, dans le cadre d’une stratégie régionale axée sur la lutte contre le trafic de drogue et la stabilité.
- Les États-Unis souhaitent désigner le Pérou comme un allié principal en dehors de l’OTAN (MNNA).
- Cette désignation faciliterait la coopération en matière de sécurité et l’accès à des technologies sensibles.
- Le Pérou a récemment renforcé ses échanges avec les États-Unis sur les questions de sécurité et a autorisé la présence de forces américaines sur son territoire pour des exercices conjoints.
Washington s’apprête à proposer au Pérou un statut privilégié dans sa politique de sécurité régionale. Selon un message présidentiel adressé au Congrès américain le 10 décembre, l’administration Trump a l’intention de désigner le Pérou comme « principal allié extra-OTAN » (MNNA, Major Non-NATO Ally). Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de réaffirmation de l’influence américaine en Amérique latine, succédant à la doctrine Monroe, comme le soulignent des observateurs.
Dans ce message, le président républicain justifie sa décision par l’existence d’une « relation solide » entre les États-Unis et le Pérou, fondée sur des « intérêts mutuels et des priorités de sécurité communes », notamment en matière de lutte contre le trafic de drogue et de maintien de la « stabilité régionale ». L’administration américaine estime que cette désignation permettra d’intensifier la coopération sécuritaire avec l’Amérique du Sud.
Concrètement, le statut de MNNA faciliterait la délivrance de licences pour la technologie satellitaire et renforcerait la coopération dans la lutte contre le terrorisme entre les deux pays, selon le message présidentiel.
Cette initiative intervient dans un contexte de renforcement des échanges entre le Pérou et les États-Unis sur les questions de sécurité. Ces dernières semaines, le président par intérim péruvien, José Jerí, a rencontré des représentants du FBI pour élaborer un nouveau plan de sécurité axé sur la situation aux frontières péruviennes. Parallèlement, le Congrès péruvien a approuvé l’entrée de forces armées américaines sur son territoire pour des opérations conjointes de formation prévues en 2026.
Le 12 décembre, le président péruvien a également rencontré son homologue équatorien, Daniel Noboa, à Quito, pour discuter des stratégies de lutte contre la criminalité internationale organisée dans les zones frontalières entre les deux pays. Le président Noboa a souligné l’importance de maintenir un dialogue ouvert entre les deux nations.
Outre le Pérou, la Colombie, le Brésil et l’Argentine figurent déjà parmi les pays d’Amérique latine bénéficiant d’un statut similaire. Au niveau mondial, les États-Unis considèrent également l’Australie, Bahreïn, l’Égypte, Israël, le Japon, la Jordanie, le Kenya, le Koweït, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, les Philippines, le Qatar, la Corée du Sud, la Thaïlande et la Tunisie comme des alliés majeurs non-membres de l’OTAN.
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