La qualification de « génération gâtée » attribuée à la génération Z masque une réalité complexe marquée par des difficultés éducatives, une pression économique et un lourd héritage climatique. Alors que les critiques persistent sur leur rapport au travail, les données officielles dressent le portrait d’une jeunesse confrontée à des crises structurelles sans précédent.
Le procès fait aux nouvelles générations n’a rien de nouveau.
Les réalités du marché du travail et la transformation des parcours professionnels
La génération Z, qui regroupe les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, est souvent décrite comme moins ambitieuse que ses aînés. Les chiffres montrent pourtant une autre dynamique. En 2025, d’après les données de l’Insee relayées par Tuxboard, 19,7 % des salariés français pratiquaient le télétravail au moins un jour par semaine, soit une hausse de 1,5 point par rapport à 2024.
Travailler moins d’heures ne se traduit pas nécessairement par de la paresse. Les statistiques de la Dares indiquent qu’en 2025, les actifs ont travaillé en moyenne 1 585 heures sur l’année, ce qui représente 36,8 heures au cours d’une semaine habituelle. Pour les salariés à temps complet, cette durée hebdomadaire s’établit à 38,9 heures.

Parallèlement, la durée de scolarisation s’allonge depuis 2015, en particulier dans l’enseignement supérieur. En 2025, 30,5 % des 15-24 ans en emploi étaient concernés par l’alternance ou les stages. Cette entrée plus tardive sur le marché du travail correspond avant tout à une période de formation prolongée.
Un héritage éducatif et environnemental lourd à porter
L’étiquette de génération favorisée oublie les défis structurels légués par les décennies précédentes. En Belgique, sous l’influence des baby-boomers et de la génération X, les résultats moyens aux tests PISA ont fortement reculé entre 2012 et 2022, passant de 515 à 489 points en mathématiques, de 509 à 479 en lecture et de 505 à 491 en sciences, ainsi que le rappelle une tribune publiée par La Libre.
Cette dégradation de l’enseignement s’accompagne d’une baisse du soutien des enseignants constatée par l’OCDE entre 2012 et 2022. La génération Z entre ainsi dans une vie active où l’école peine à corriger ses faiblesses, tandis que l’intelligence artificielle bouleverse les fonctions juniors.
La Libre a souligné que l’étiquette de « génération gâtée » est particulièrement réductrice, soulignant que les critiques adressées aux jeunes ne prennent pas suffisamment en compte les défis structurels qu’ils héritent.
Dette publique, climat et transition énergétique : les crises transmises aux plus jeunes
La prospérité matérielle dont bénéficie une partie des jeunes ne garantit pas la stabilité sociale. La Belgique a achevé l’année 2025 avec une dette publique de 107,9 % du PIB, un passif accumulé par les décisions des classes politiques antérieures et non par la jeunesse actuelle, souligne La Libre.
À cela s’ajoute le changement climatique, dont les alertes scientifiques documentées depuis des décennies n’ont pas suscité de réponses politiques suffisamment anticipatrices. Entre la vulnérabilité énergétique mise en lumière par la guerre en Ukraine, le retard des réseaux électriques face à la transition et la surcharge numérique, les jeunes héritent d’un monde aux règles fixées avant leur arrivée.
L’évolution du contrat psychologique avec le travail redéfinit les priorités : un emploi doit garantir les moyens de vivre dignement sans nécessairement absorber toute l’identité de l’individu.