Home MondeLe hit-travail super taclor du NYT contre Singham, Prashad, Codepink

Le hit-travail super taclor du NYT contre Singham, Prashad, Codepink

by Clara Dubois

Le New York Times a consacré une enquête de grande envergure à un donateur américain de 69 ans, N. Roy Singham, et aux organisations qu’il soutient financièrement. L’article, publié samedi dernier, soulève des questions sur l’influence potentielle de la Chine sur des groupes militants et de réflexion aux États-Unis et ailleurs.

Selon le quotidien new-yorkais, M. Singham a amassé une fortune grâce à la vente de sa société de logiciels et aurait fait don d’au moins 275 millions de dollars (environ 255 millions d’euros) à des organisations de gauche, pacifistes et anti-impérialistes. L’enquête du New York Times suggère que ces dons pourraient servir à diffuser des points de vue alignés sur les intérêts du gouvernement chinois.

L’article met en lumière le fait que M. Singham réside actuellement à Shanghai, où il est impliqué dans des projets médiatiques coproduits avec des entités chinoises, notamment un spectacle YouTube financé en partie par le département de propagande de la ville et une collaboration avec une université chinoise visant à « faire entendre la voix de la Chine dans le monde ». Il aurait également participé à un atelier du Parti communiste chinois sur la promotion de son idéologie à l’international.

Cette enquête a suscité des réactions, notamment de la part de Juste Éducatif Mondial et de Just World Books, deux organisations dirigées par un observateur attentif de ces questions. Ces organismes ont collaboré avec plusieurs groupes mentionnés dans l’article comme ayant bénéficié des dons de M. Singham, tels que le Forum populaire, l’organisation anti-guerre Code Pink et son cofondatrice Medea Benjamin, ainsi que Vijay Prashad, à la tête de l’Institut Tricontinental.

L’auteur de ces lignes souligne que le New York Times a déjà été critiqué pour ses reportages inexacts sur l’Irak en 2002 et 2003, contribuant à justifier l’invasion du pays. Il relève également une tendance anti-chinoise croissante dans les pages du journal ces dernières années et s’interroge sur les motivations qui ont poussé la rédaction à consacrer autant de ressources à cette enquête.

L’article du New York Times est critiqué pour ses insinuations non fondées. Il est notamment reproché au journal de suggérer que des « paquets d’information » remis à des militants africains lors d’une formation en Afrique du Sud faisaient l’éloge des prêts chinois sans mentionner les difficultés rencontrées par la Zambie en matière de dette. L’auteur souligne que le journal a initialement omis de fournir un lien vers un article antérieur expliquant la situation de la Zambie, obligeant les lecteurs à chercher l’information par eux-mêmes.

L’enquête mentionne également que les organisations soutenues par M. Singham ne se sont pas enregistrées en vertu de la Loi sur l’enregistrement des agents étrangers, ce qui est requis pour les groupes cherchant à influencer l’opinion publique au nom de puissances étrangères. L’article cite des « experts juridiques » anonymes qui considèrent ce cas comme « inhabituel ». L’auteur compare cette approche à celle adoptée par le New York Times dans le cadre de son enquête sur le juge Clarence Thomas, où des témoignages et des documents précis ont été utilisés pour étayer les allégations.

Jodie Evans, partenaire de M. Singham depuis six ans et cofondatrice de Code Pink, est également mentionnée dans l’article. Le New York Times rapporte que Code Pink a reçu plus de 1,4 million de dollars (environ 1,3 million d’euros) de groupes liés à M. Singham depuis 2017. L’article affirme également que Mme Evans aurait qualifié les Ouïghours de « terroristes » et défendu leur détention massive par la Chine. Code Pink a cependant précisé que Mme Evans avait fait référence à des groupes terroristes ouïghours actifs dans d’autres pays et avait souligné que ces groupes avaient mené des attentats en Chine.

L’auteur conclut en suggérant que l’enquête du New York Times pourrait faire partie d’une stratégie plus large visant à diaboliser la Chine et les voix américaines qui critiquent les tensions croissantes entre les deux pays. Il avance également la théorie que le journal aurait pu publier cet article pour « équilibrer » sa couverture de l’enquête sur le juge Clarence Thomas.

L’article du New York Times a permis de mettre en lumière un fil Twitter de Vijay Prashad datant de décembre 2021, dans lequel il évoquait l’influence du père de M. Singham, Archibald Singham, sur son propre travail.

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