Publié le 16 décembre 2025 à 08h05. Un juge fédéral de Querétaro a rejeté les mandats d’arrêt émis par le parquet général contre quatre personnes impliquées dans un réseau criminel lié à un copropriétaire de Miss Univers, Raúl Rocha Cantu, mettant en lumière des failles dans les preuves présentées.
- Un juge de district a invalidé les mandats d’arrêt pour quatre suspects liés à un groupe criminel organisé impliqué dans le trafic d’armes et le vol de carburant.
- L’enquête concerne également Raúl Rocha Cantu, copropriétaire de Miss Univers, qui cherche à obtenir le statut de témoin protégé.
- Le parquet général pourrait faire appel de cette décision, estimant que les éléments de preuve initiaux étaient insuffisants.
La justice fédérale mexicaine a porté un coup d’arrêt aux investigations menées par le bureau du procureur général de la République (FGR) dans une affaire de criminalité organisée. Un juge de district spécialisé dans le système d’accusation pénale du Centre fédéral de justice pénale de Querétaro a infirmé les mandats d’arrêt émis contre quatre individus soupçonnés d’appartenir à un réseau criminel impliqué dans le trafic d’armes, le vol de carburant (connu sous le nom de *huachicol*) et d’autres activités illégales.
Parmi les personnes visées par cette décision figurent Paul Manrique Miranda, alias Paul ou El Comandante, Jeny Guzman Cintora, épouse de Jacobo Reyes Leon, alias Yaicob, ancien candidat du parti PRD à la mairie de San Martín de las Piramides et considéré comme le chef de l’organisation criminelle, Diego Adrián Mendoza Pérez, ancien fonctionnaire de la FGR, et Jorge Alberto Gallegos Díaz, alias Gallegos.
Selon le dossier pénal 495/2025, Paul Manrique Miranda aurait été impliqué dans le groupe depuis le 23 décembre 2024, occupant un poste de commandement au sein de la FGR avant d’être licencié suite à des accusations d’extorsion liées au vol de carburant. Il est accusé d’avoir fourni des informations confidentielles sur les enquêtes en cours à Yaicob en échange de paiements mensuels, agissant ainsi comme intermédiaire entre les autorités et le chef criminel pour entraver les investigations.
Diego Adrián Mendoza Pérez, quant à lui, travaillait à la FEMDO (Parquet Spécialisé pour le Crime Organisé) et assistait Mari Carmen Ramírez Rodríguez, déjà en détention, lors de ses rencontres avec Yaicob. Il aurait reçu de l’argent de l’organisation et surveillait les allées et venues de Yaicob au FEMDO afin de faciliter les échanges d’informations et d’argent.
Jeny Guzmán Cintora est présentée comme l’opératrice financière de l’organisation, gérant les comptes bancaires utilisés pour recevoir et redistribuer les fonds provenant de la vente illégale d’armes à feu et de produits pétroliers. Elle est également associée à la société RG MEGA ADDIT, soupçonnée de blanchiment d’argent.
Enfin, Jorge Alberto Gallegos Díaz est accusé d’avoir géré l’injection de capitaux pour l’importation de carburant du Guatemala et des États-Unis, qui était ensuite stocké dans des installations appartenant à l’organisation à Querétaro.
Le rapport de police du 10 février 2025, issu de la Coordination Nationale Anti-Enlèvement (Conase) et du Secrétariat à la Sécurité et à la Protection du Citoyen (SSPC), révèle que Yaicob était au courant des accords entre Paul et le FEMDO, bien que les paiements aient diminué avec le temps. Cependant, le dossier pénal souligne que ces informations ne sont pas corroborées par des preuves objectives.
Le parquet général pourrait contester cette décision devant une cour d’appel collégiale, mais devra présenter des éléments de preuve plus solides pour obtenir les mandats d’arrêt.
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